Céytu, la littérature en wolof

Publié le 05/04/2016 par Éditions Assimil
7 commentaires

LaSolutionEsquimauAW LaSolutionEsquimauAW LaSolutionEsquimauAW

Les éditions Zulma et Mémoires d’encrier lancent Céytu, un label de littérature contemporaine en wolof. Trois titres traduits du français vers le wolof inaugurent la collection, sous la direction de l’écrivain Boubacar Boris Diop. Les couvertures, au design fort, se déclinent aux couleurs de l’Afrique.
Laure Leroy, la directrice des éditions Zulma, revient sur la genèse de cette aventure unique dans le paysage éditorial français.

Comment est née l’idée d’une collection de littérature en wolof ?
Laure Leroy : L’idée est née d’une conversation avec Boubacar Boris Diop, dont Zulma a notamment publié Murambi, le livre des ossements. La question des langues africaines le passionne, il a lui-même écrit l’un de ses romans directement en wolof. Et il a enseigné plusieurs années à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, en wolof. Il est le directeur de collection de ce nouveau label. De notre côté, chez Zulma, nous publions des romans, récits et nouvelles du monde entier, à travers des traductions de plus d’une vingtaine de langues (malayalam, tamoul, ou bengali, par exemple). Cela m’a semblé passionnant de tenter l’aventure en sens inverse : traduire du français en wolof – sans quitter notre domaine de prédilection : la littérature contemporaine. Quant à Rodney Saint-Eloi, qui dirige les éditions Mémoire d’encrier à Montréal, son engagement pour la diversité et sa passion pour le Sénégal en faisaient un partenaire évident, aussi idéal qu’enthousiaste.

Est-ce que c’est la première fois qu’un éditeur français crée une collection de littérature en langue africaine ?
L.L. : J’avoue ne pas m’être posé la question. Mais comme pour tout, il est probable que nous ne soyons pas les premiers…

Comment s’est fait le choix des trois premiers textes et quel type de texte pourriez-vous accueillir à l’avenir ?
L.L. : A vrai dire, le choix de ces trois premiers textes s’est fait très vite. C’était d’emblée une évidence.
Une Saison au Congo, d’Aimé Césaire, a bien sûr un caractère politique. C’est le titre avec lequel Boubacar Boris Diop, qui en est le traducteur, voulait lancer la collection.
Une si longue lettre, de Mariama Bâ, est un classique de la littérature sénégalaise, mondialement connu, qui fait signe à tous les lecteurs intéressés par le wolof et/ou le Sénégal.
Quant à L’Africain de JMG Le Clézio, c’est un magnifique hommage au continent africain.
Nous poursuivrons sur cette lancée. L’idée n’est pas de faire découvrir des textes, que tous nos lecteurs auront bien sûr déjà lus en français ou en anglais, mais plutôt de leur offrir le plaisir de les redécouvrir en wolof.

La collection vise la diaspora sénégalaise en Europe et en Amérique du Nord, mais également les Sénégalais et, dans une moindre mesure, les locuteurs de wolof en Gambie ou en Mauritanie. Comment est-ce qu’on construit la stratégie de diffusion dans ces conditions ?
L.L. : A chaque territoire sa stratégie, bien sûr… Mais comme notre démarche est totalement inédite, tout est à inventer. Je suis certaine que nous allons apprendre beaucoup au fil du temps. La première étape est de faire connaître l’existence de ces livres, par la presse et les réseaux sociaux notamment, et de les rendre disponibles a minima un peu partout, via notre distributeur, la Sodis. Au Sénégal, nos livres seront disponibles dès la mi-avril dans les trois principales librairies de Dakar : Les Quatre vents, ClairAfrique et Athéna. En France, en Suisse, en Belgique et au Canada, une centaine de libraires ont joué le jeu. Aux Etats-Unis, où le wolof est enseigné dans de nombreuses universités, nous avons un très bon relais avec la librairie Albertine. Et partout dans le monde, ces libraires ont des sites de vente ou de réservation en ligne. Auxquels s’ajoutent bien sûr les classiques du genre comme amazon.fr ou amazon.com
Afin de pouvoir orienter nos lecteurs qui, nous le constatons, viennent du monde entier, nous mettons régulièrement à jour la liste des points de vente par pays sur notre site : www.ceytu.fr
Et d’ici à quelques mois, nous espérons pouvoir les proposer au format numérique également.

Le prix sera différent en France et au Sénégal. Il y aura donc des ISBN différents ?
L.L. : C’est un peu technique, mais la meilleure solution semblait d’imprimer un seul tirage, et d’attribuer des prix de vente différents selon les territoires.

Le site de Céytu est en anglais et en français, mais pas en wolof. Pourquoi ?
L.L. : Nous ne savons pas forcément qui sont nos lecteurs. Mais il est probable que ce sont tous des lettrés, amoureux de littérature, et parfaitement francophones ou anglophones. Ce sont deux langues à travers lesquelles nous pouvons échanger facilement.

Pour finir, un mot sur le travail graphique de la collection. Quel était le brief ?
L.L. : Nous voulions donner à Céytu une identité graphique très forte et très qualitative. Que nos livres soient beaux, de façon immédiate et frappante. Une langue est belle aussi à travers sa graphie. Et c’est une manière de la mettre en valeur que de miser ainsi sur une couverture strictement typographique.
David Pearson a su inventer pour Zulma des couvertures et un design uniques dans le monde. Je crois que Céytu fera date pour cela aussi.

Le site de Céytu

Commentaires

Par Michel BELLON le 06/04/16 à 1h33

Bonsoir,

Verra-t-on donc bientôt un Wolof, collection Sans Peine ?…
Assimil lui-même a reconnu l’importance de cette langue en publiant il y a 15 ans déjà un Wolof de poche (dans la collection très regrettée Assimil Évasion), suivi de son complément audio sur CD 4 ans plus tard (Kit de conversation), puis il y a 2 ans un Guide de conversation Wolof, avec fichiers MP3 téléchargeables.
Il serait grand temps de consacrer à cette langue une méthode complète. C’est l’un de mes nombreux souhaits, et il est probable que d’autres le partagent.

Merci et bonne soirée,
Michel.

Par Bruno Aeschbacher le 06/04/16 à 10h13

En effet, si les langues d’Asie ont pris l’essor ces derniers temps et on en remercie Assimil (cantonais, khmer, nouveau chinois, japonais passablement retravaillé, on table sur un nouveau thaï, coréen, hindi et vietnamien, puis tagalog), les grandes langues d’Afrique, elles, sont sous-représentées dans le catalogue d’Assimil. A part le malgache et le swahili (et l’arabe en quelque sorte), les parlers africains sont presque complètement absents de la collection Sans Peine. Avec une importante communauté francophone vivant dans ces pays, une collection africaine étendue devrait trouver une certaine clientièle, on dirait ?

Par Toni le 06/04/16 à 13h46

Je partage ce souhait également. Le Wolof est un des grands absents de la collection sans peine. Je voyage beaucoup et les locuteurs sont présents pratiquement partout sur le globe. Je viens d’acheter le guide de conversation à défaut d’avoir mieux. Si cette méthode sortait, je l’achèterais immédiatement.

Par Michel BELLON le 06/04/16 à 15h53

Bruno, Toni, bonjour,

Vos remarques sont intéressantes 😉 .

Pour être d’une objectivité absolue, reconnaissons qu’Assimil a déjà « exploré » l’Afrique un peu plus qu’on ne pourrait le penser.
En ajoutant les guides de conversation aux méthodes complètes, et en comptant les titres qui ne figurent plus au catalogue (provisoirement, souhaitons-le), les langues africaines au sens purement géographique du terme, vivantes ou mortes, qu’Assimil a abordées au moins une fois sont les suivantes : afrikaans, arabe, berbère, capverdien, créole, égyptien hiéroglyphique, lingala, malgache, swahili, wolof et zoulou.
Cela fait 11 langues au total. Je précise que je considère que le mauricien et le réunionnais sont des variétés d’une langue unique, le créole à base française, qui se prolonge d’ailleurs en Amérique sous la forme d’autres variétés également proposées par Assimil : guadeloupéen, guyanais, haïtien, martiniquais. Je sépare en revanche le capverdien des autres « créoles », auxquels il est rattaché à tort dans le catalogue, puisqu’il s’agit là d’une langue à base portugaise.

Cela dit, il manque effectivement quelques pièces importantes dans la liste des langues d’Afrique que nous propose notre éditeur préféré, par exemple le bambara, ou encore l’amharique.
Et surtout, il faudrait que soient proposées rapidement des méthodes complètes pour des langues comme le wolof, le bambara, l’afrikaans ou le zoulou, en premier lieu.

Bon après-midi,
Michel.

Par Halokkin le 07/04/16 à 11h59

Aaah, une méthode de Wolof…! Avec une méthode de Lituanien, de Gaélique Irlandais, d’Albanais, d’Islandais, et les rééditions du Grec, Hindi et Thaï…
… Et nos rêves d’assimilistes les plus fous seraient réalisés !!

Par Senasura le 09/04/16 à 11h50

Je ne comprends pas pourquoi tant de demande de rééditions mises à jour comme le hindi. Une fois les bases acquises, vous revenez encore aux bases juste quand une version est mise à jour ? Ou s’agit-il plutot de collectionner?
Fidèle assimiliste depuis plus de 25 ans, j’ai notamment appris le hindi avec Assimil, quand la méthode est sortie (vers 1996 je crois), un ouvrage qui m’a donné des bases solides (peut être même le plus efficace des Assimil que j’ai acquis), mais si une réédition sortait je ne verrai pas l’intérêt de m’y replonger étant donné que je n’ai jamais coupé le lien avec cette langue

    Par Éditions Assimil le 11/04/16 à 11h51

    Bonjour, les rééditions sont nécessaires pour procéder à des corrections et à des mises à jour. La langue évolue, et les méthodes se doivent d’évoluer également. Sans parler des éléments culturels dans les dialogues qui deviennent dépassés (zone fumeurs dans les restaurants, monnaies, etc.). Il faut également penser aux nouveaux apprenants.

Ajouter un commentaire

Interviews

articles populaires

Les nouveautés de la rentrée

08/08/13
192 commentaires

Sanskrit : le making-of

06/06/13
110 commentaires

Nouveautés Assimil :
ce qui vous attend à la rentrée

24/06/14
103 commentaires

Latin : retour vers le futur

28/09/15
99 commentaires

Nouveautés : ce qui vous attend
au premier trimestre 2014

01/01/14
78 commentaires

La méthode Assimil
disponible en digital

27/08/13
61 commentaires

Les nouveautés de la rentrée 2015

05/08/15
55 commentaires

Une nouvelle ligne graphique
pour la collection sans peine

11/08/15
52 commentaires

Nouveauté : Grammaire du japonais
de Catherine Garnier

16/02/17
36 commentaires

Le roumain, Ionesco et la méthode Assimil : entretien avec Vincent Ilutiu

14/04/14
33 commentaires

derniers commentaires

au hasard

Qu’est-ce que la méthode Assimil ?

17/11/16
12 commentaires

Apprendre une langue étrangère
en musique

26/08/16
0 commentaire

Apprendre une langue étrangère :
les raisons qui devraient vous motiver

28/04/15
6 commentaires