CinéAssimil 7 : My Sweet Pepper Land de Hiner Saleem (2013)

Publié le 30/12/2014 par Éditions Assimil
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La dernière chronique de notre série CinéAssimil pour 2014 est consacrée à un superbe film parlant le kurde : My Sweet Pepper Land du réalisateur kurde Hiner Saleem, sorti en avril dernier.Comme aime à le rappeler Hiner Saleem, on dit que Dieu a crée dix Kurdes et le onzième pour les faire rire. C’est sans doute pour cette raison queson dernier film présente ce mélange si finement lié d’humour absurde, de tragique et de chronique sociale. My Sweet Pepper Land (2013) nous permet d’entendre un peu de kurde, une langue très rare au cinéma et qui est aussi celle du réalisateur. Le film se déroule peu de temps après la chute de Saddam Hussein en Irak (2003), à ce moment précis où le Kurdistan devient un Etat fédéral, où tout reste à reconstruire.  Le décor est plus précisément celui des montagnes dites du « Triangle des Bermudes » : il s’agit de cette partie du Kurdistan qui est à la fois frontalière de l’Iran, de la Turquie et de l’Irak. De nombreux trafics s’y organisent, sous le contrôle plus ou moins ferme de seigneurs locaux.
Baran (Korkmaz Arslan), ancien combattant, est envoyé dans un minuscule village comme officier de police. Peu impressionnable, il est bien décidé à faire régner l’ordre malgré la présence menaçante du seigneur local et de ses hommes de main. Il fait cependant la rencontre de Govend (Golshifteh Farahani), une jeune et belle institutrice aussi insoumise que lui. Hiner Saleem a bâti son film sur une trame classique de western (certains ont proposé le nom « eastern » pour définir le genre de My Sweet Pepper Land). Un étranger débarque en ville et bouscule les petites habitudes de la communauté, mais il se trouve que cet étranger est aussi, en quelque sorte, le shérif local. On croise des personnages avec des gueules incroyables, qu’il s’agisse des sbires du parrain local, des maquisardes ou des jurés du tribunal dans la scène liminaire du film. La plupart des comédiens ne sont pas des professionnels, à l’exception des deux principaux rôles. Golshifteh Farahani, qu’Hiner Saleem a déjà dirigée dans Si tu meurs, je te tue,  donne toute la mesure de son immense talent. Elle n’a sans doute jamais été aussi belle que dans ce film – une beauté irréelle et rebelle. L’actrice iranienne, qui a dû quitter son pays pour avoir joué tête nue dans un film, est également une pianiste et musicienne de grand talent (elle a refusé d’entrer au Conservatoire de Vienne, préférant une carrière d’actrice à une carrière de soliste). Elle a ainsi composé la musique du film, qu’elle interprète au hang, un instrument récent inventé en Suisse et inspiré du steel drum. Et l’ensemble de cette fiction est à l’image de son thème musical, une succession d’accords mineurs qui finissent par faire une oeuvre majeure.

My Sweet Pepper Land (2013) de Hiner Saleem, disponible en DVD et en VOD.

CineAssimil 7 My Sweet Pepper Land

Commentaires

Par pascal le 03/01/15 à 2h38

Bientôt une méthode Assimil pour le kurde ?

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