Entretien avec le polyglotte
Luca Lampariello

Publié le 22/06/2015 par Éditions Assimil
6 commentaires

Portrait de Luca Lampariello

Le jeune journaliste, écrivain et blogueur tunisien Ala Oueslati nous a proposé son entretien avec l’hyperpolyglotte italien Luca Lampariello. Une version en anglais (et écourtée) de cet entretien a été publiée sur le site du magazine Youth Time. Voici la version intégrale en langue française.

Ces dernières années, les professeurs et les apprenants ont commencé à accorder de plus en plus d’importance à la qualité de l’éducation et à la participation pratique.
La logique implicite semble être la suivante : les auto-apprentissages permettent le développement de la confiance en soi, de l’initiative, de la persévérance, du bonheur personnel et améliorent les processus cognitifs de l’apprenant, tels que ceux impliqués dans l’attention, la compréhension et la mémoire.
En ce qui concerne les langues, de nombreuses études ont dévoilé l’importance du facteur motivation dans l’auto-apprentissage : ce type d’apprentissage est efficace parce qu’il nous donne davantage envie d’apprendre, parce que nous sommes plus à même de réussir quand nous pouvons contrôler le rythme de notre progression, lorsque nous pouvons encadrer notre processus d’apprentissage, ou lorsque nous pouvons faire de l’apprentissage sur-mesure, adapté à nos besoins et à nos exigences.
Dans cet entretien le romain Luca Lampariello, un polyglotte (et assimiliste) remarquable, un »coach de langues » qui enseigne et dispense ses conseils, nous confie comment il a réussi à apprendre des langues afin de vivre une vie meilleure.

 

Ala Oueslati : Luca, peux-tu te présenter et nous raconter brièvement ton parcours ?
Luca Lampariello : Je vis actuellement à Rome où j’exerce le métier de « coach pour les langues ». Je donne également des conférences et des workshops consacré à l’apprentissage des langues. J’ai un diplôme d’ingénieur en électronique. Au départ je me destinais à une carrière scientifique, mais en fin de compte j’ai réalisé que je voulais vraiment devenir un coach spécialisé dans les langues. Je sentais que je devais écouter une voix intérieure qui me disait : « Luca, ce que tu aimes vraiment faire c’est parler des langues et communiquer avec les gens. »J’ai décidé de mettre les langues au cœur  de mon existence. J’ai commencé par créer une chaîne YouTube pour aider les gens à apprendre des langues.

A.O. : Quand as-tu pris conscience de ta passion pour les langues ?
L.L : Je pense que chacun de nous est comme un piano, je veux dire que les touches sont là et n’attendent que nous pour faire entendre une belle musique. Chacun a son propre clavier, une inclination pour quelque chose. Dans mon cas précis, il s’agissait (et s’agit) des langues. J’ai eu la chance de pouvoir découvrir ça. Ma grand-mère a semé la première graine quand j’étais petit. Un jour elle m’a dit : « Luca, est-ce que tu aimerais apprendre un peu de grammaire latine ? ». Puis elle a ajouté « Si tu fais ça, ta vie sera meilleure et tu pourras mieux comprendre le monde ». C’est ainsi que j’ai commencé à apprendre le latin et le français.

Je n’ai pas vraiment appris de façon à pouvoir parler vraiment les langues en question, mais l’idée a fait son chemin. A l’âge de 12 ans je me battais encore avec l’anglais et le français que j’apprenais — peu — à l’école. Puis ma tante m’a offert « The Hardy Boys », un livre écrit en anglais facile. J’ai commencé à apprendre l’anglais par moi-même et cela a été le déclencheur.

Donc pour résumer, ma grand-mère a allumé la première mèche quand j’avais 10 ans, mais c’est ma tante qui m’a fait prendre conscience, à l’âge de 12 ans, que le moment était venu de commencer à apprendre VRAIMENT des langues par moi-même. Puis à 15 ans j’ai décidé d’apprendre les langues en autonomie complète, et c’est de cette manière que j’ai découvert ma propre méthode pour cet apprentissage. Je ne suis pas obsédé par les langues, je pense qu’elles me permettent d’explorer le monde. En fait, j’ai une prédilection pour la connaissance.

A.O. : Quelles sont les langues que tu parles couramment ?
L.L. : Pour répondre à cette question, il faut déjà s’entendre sur le sens de l’adverbe « couramment » : pour moi, cela implique que tu puisses avoir une conversation de façon fluide, que tu puisses aborder des sujets multiples et que tu puisses comprendre la plupart des choses que l’on te dit. Parler couramment n’est pas parler parfaitement. La plupart des gens pensent que parler couramment équivaut à parler avec le même niveau de compétence qu’un locuteur natif, mais c’est très différent. Cela ne signifie pas non plus que tu connais tous les mots d’une langue — une autre erreur concernant ceux qui parlent couramment une langue étrangère. Pour moi parler couramment c’est être capable d’utiliser les mots que tu connais et de les agencer, de façon à ce que tu puisses exprimer toute une gamme d’idées, même si tu as certaines lacunes.

J’aime vraiment beaucoup cette définition que j’ai trouvée quelque part :  » parler couramment, ce n’est pas connaître chacun des mots et des tournures grammaticales d’une langue : c’est une aptitude à communiquer votre pensée sans vous arrêter à chaque fois que vous rencontrez un problème ». Selon cette définition je dirais que je parle couramment 11 langues : l’italien, le français, l’allemand, l’espagnol, le néerlandais, le suédois, le portugais, le mandarin, le russe et le polonais. Pour le japonais, j’y travaille encore.

A.O  : En quoi l’apprentissage des langues a-t-il amélioré ton existence, et quelles opportunités cela t’a données dans ta vie personnelle ou professionnelle ?
L.L. : Plus je parle de langues, plus je prends conscience que les hommes ont tous des sentiments communs mais qu’ils les expriment de différentes manières. Les langues reflètent ces différences. Apprendre une langue en soi est un accomplissement. Les langues te permettent de mieux comprendre le monde dans lequel tu évolues, même si tu n’utilises pas ces langues dans ton propre travail. Dans mon cas, les langues m’ont permis d’avoir un métier mais quand tu fais quelque chose que tu aimes vraiment, tu n’as jamais l’impression qu’il s’agit d’un métier. Et quand tu voyages aussi, tout est plus simple, pas seulement quand tu visites un pays, mais également quand tu envisages de t’y installer. C’est également plus facile de rencontrer des gens et de se faire des amis dans le monde entier. L’amour et l’amitié sont de précieux trésors que les langues te permettent de découvrir.

A.O : Est-ce que tu penses que les langues ont une influence sur la vie spirituelle de chacun ?
L.L. : Récemment on a beaucoup débattu du fait qu’apprendre des langues pouvait changer notre personnalité en profondeur. Je ne pense pas que cela change notre nature profonde, mais ce que les langues révèlent ce sont les différentes facettes de notre personnalité, lesquelles seraient plus apparentes si nous avions été élevés dans différents pays. Quant tu arrives à un niveau de langue proche de celui d’un locuteur natif, tu ne parles pas seulement comme un natif : tu te comportes comme un natif. D’un point de vue psychologique et dans mon cas précis, j’ai remarqué que mon cerveau traite les informations plus rapidement qu’avant — pas seulement pour les langues mais pour tout le reste. Et certaines études prouvent que les bilingues présentent des processus cognitifs plus rapides. Ce n’est pas le moindre des avantages à apprendre une langue étrangère.

A.O : Tu as déclaré autrefois que ce n’est pas toi qui a chois tes langues mais les langues qui t’ont choisi. Comment est-ce que ça s’est passé ?
L.L. : Pour te donner un exemple concret, je vais te parler de mon histoire avec le hongrois. Je suis tombé sur ce livre d’une polyglotte célèbre, la Hongroise Kató Lomb. Puis je suis allé à une conférence de polyglottes à Budapest — c’était la première édition de la Polyglot Conference en 2013 – je suis le cofondateur.  J’ai été conquis par le hongrois. Quand tu apprends une langue, assure-toi que tes motivations sont réelles et sans ambiguïtés. Assure-toi que cela corresponde à un réel besoin ou à une envie d’échanger, qu’il s’agisse d’un voyage que tu as fait, d’une personne que tu as rencontrée ou d’une vidéo que tu as visionnée.  Quand tu as une relation intime avec un élément lié à une langue que tu veux apprendre, il s’agit d’un moteur extrêmement puissant.

A.O. : Peux-tu nous décrire les différentes étapes de l’apprentissage d’une langue en ce qui te concerne ?
L.L. : Dans un premier temps, je m’assure que je sais parfaitement pourquoi je veux apprendre cette langue. Quand je suis sûr de mes raisons, je me fixe un calendrier pour commencer. Ensuite, comment est-ce que je m’y prends ?

Tout d’abord, je rassemble les bons outils. Ces outils sont la plupart du temps des ressources pour apprendre une langue, comme la méthode Assimil, que j’utilise. Le livre n’est pas le plus important en soi, mais plutôt la manière dont je vais l’utiliser. J’utilise une technique de traduction qui consiste à choisir un texte dans une langue que je suis en train d’apprendre, puis à traduire ce texte à plusieurs reprises et à intervalles réguliers. Du coup je ne suis pas seulement en train d’écouter ou de lire mais aussi de retraduire la langue activement pour comprendre sa structure.

Le plus important, c’est de pratiquer tous les jours. Quand je comprends les bases d’une langue, je commence à échanger sur Skype et à enregistrer les conversations. Quand je commence à pouvoir converser, à pouvoir lire et écouter les choses que j’aime, je passe à un autre niveau en regardant des documentaires, et je créé alors un micro et macro-environnement favorable à l’apprentissage. Cela signifie que je rencontre des personnes ou que je fréquente des personnes qui parle la langue que je veux apprendre. La plupart du temps je mets un an à apprendre les bases de la langue, puis je passe à cette étape où je vis littéralement la langue.

On peut résumer tout le processus en trois étapes :
– Je consacre du temps (de 3 à 12 mois), de façon délibérée, à appréhender la structure de la langue. J’applique ma technique en utilisant les méthodes d’apprentissage pour débutants.
– Une fois que j’ai appréhendé la structure, je commence à parler avec des locuteurs dont c’est la langue maternelle et je m’imprègne de contenus que je trouve sur Internet.
– Je commence à utiliser la langue aussi souvent que possible en toutes situations, à l’instar de ce que je fais dans ma propre langue. C’est ainsi que les apprenants deviennent vraiment performants dans chaque langue étrangère : en vivant l’expérience à fond.

A.O. : Quels sont selon toi les avantages de l’auto-apprentissage si on le compare à un cours collectif ou particulier ?
L.L. : Les avantages sont nombreux et importants. Tout d’abord tu peux faire des choses qui t’intéressent, et seulement celles-ci. Imagine que tu doives apprendre l’allemand tout en parlant de choses pour lesquelles tu n’as aucun goût… En apprenant seul tu peux choisir de parler seulement des choses qui t’intéressent, que tu aimes et le processus d’apprentissage deviendra alors beaucoup plus efficace.

Un  des problèmes majeurs de l’auto-apprentissage ets la confiance en soi : les gens ne pensent pas qu’ils peuvent réussir seuls. Une des premières choses que tu dois faire quand tu apprends une langue, c’est apprendre comment apprendre. Et cela, peu d’écoles ou d’universités vous apprennent à le faire. Je pense que la plupart des polyglottes dans le monde sont des autodidactes.  Certains d’entre eux suivent un enseignement scolaire, mais même lorsque c’est le cas, ils apprennent quand même beaucoup tout seul. Dans mon cas j’utilise Assimil pour l’auto-apprentissage.

A.O. : Selon toi, est-ce le fait de compter sur soi-même est important, comme par exemple dans l’autoformation?
L.L. : Je pense qu’en répondant à tes questions dans cet entretien il apparaît assez évident que l’apprentissage d’un langue n’est pas quelque chose que tu fais pour son propre salut. Pourquoi j’ai appris à parler 11 langues ? Tout simplement parce qu’à chaque fois que j’apprends une nouvelle langue c’est un nouveau monde qui m’est révélé.

Tout est devenu si mondialisé que la maîtrise seule de l’anglais n’est plus suffisante. Parler une langue étrangère, cela a une véritable valeur. Parler une langue étrangère ouvre de nouveaux mondes intérieurs et extérieurs. Je ne pense pas que maîtriser 11 langues soit une folie. Je pense plutôt que c’est une folie de ne pas parler plusieurs langues étrangères. Avec le temps, j’ai réalisé qu’apprendre différentes langues étrangères n’est pas aussi difficile que certains l’imaginent. Bien des personnes sont capables de parler 5 langues parce qu’ils évoluent dans un environnement multilingue. Je pense que dans 30 à 40 ans, parler 3 ou 4 langues sera la norme et non l’exception.

Le fait que je parle 11 langues ne signifie pas que je passe mon temps le nez sur des bouquins. Je réussis à continuer à apprendre des langues tout en ayant une vie sociale. Pour réussir il faut se créer un environnement prospère. A tous ceux qui me disent : « 11 langues, à quoi bon ? »,  je réponds : « pourquoi pas ? ».

A.O. : Est-ce qu’il t’arrive de te mélanger les pinceaux quand tu passes d’une langue à l’autre ?
L.L. : Normalement cela n’arrive pas car j’ai développé un « noyau » dans chaque langue, lequel me donne une personnalité pour chacune d’entre elles. Il ne s’agit plus de changer de langue, mais de passer d’un monde à l’autre, à une autre longueur d’onde dans mon cerveau. Mais je mélange parfois quand je commence à apprendre une langue très proche de celles que je connais déjà. Cela m’est arrivé par exemple quand j’ai commencé à apprendre le néerlandais après avoir appris le l’allemand quelques années auparavant. Pendant un certain temps, dès que je voulais parler néerlandais, c’était des mots allemands qui sortaient de ma bouche. Cela arrive parce que la syntaxe peut être très similaire entre différentes langues, ou quand je me retrouve au milieu de personnes qui parlent différentes langues en même temps et que j’essaie de communiquer avec elles en passant d’une langue à l’autre toutes les 30 secondes. Cela est d’ailleurs plus fatigant qu’autre chose, je veux dire que dans un tel environnement tu n’es pas forcé de commencer à tout mélanger.

A.O. : Quel serait ton message à tous les monolingues et à tous ceux qui pensent que l’auto-apprentissage n’est pas une manière efficace d’apprendre une langue ?
L.L. : Tout d’abord, je leur dirais qu’apprendre une langue, c’est génial, et ce n’est jamais une perte de temps. Tu ne peux jamais savoir ce qui peut arriver dans ta vie grâce à une langue que tu as apprise. Deuxio, il faut comprendre et se persuader qu’apprendre une langue est beaucoup plus simple qu’on ne le pense. Le processus semble difficile à cause de toutes ces méthodes qui ne marchent pas vraiment. J’ai préparé une série de 3 heures dans laquelle je livre mes secrets et mes meilleures astuces pour aider les apprenants en langues. Il suffit d’aller sur mon blog pour suivre cette série.

Entretien réalisé par Ala Oueslati.  La version originale de cet entretien (en anglais) a été publiée sur le site du magazine Youth Time.

www.thepolyglotdream.com

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Commentaires

Par Claude BEKALE le 17/07/15 à 20h47

Salut!Je viens juste de lire cet article sur l’apprentissage des langues que je trouve très intéressant.Je suis moi même hyper polyglotte et je m’intéresse beaucoup à ceux qui parlent plusieurs langues.Il est toujours important de savoir si on est sur la bonne voie quant à notre méthode d’apprentissage et surtout de partager son expérience.J’apprends moi même toutes les langues citées plus haut et je parle le français,l’italien,le russe,l’arabe,le chinois,le japonais,le suédois,le turc,le néerlandais,l’allemand,le portugais,l’espagnol…

Par Marc le 11/08/15 à 15h01

Entretien très inspirant, surtout pour quelqu’un qui aimerait devenir un vrai polyglotte!

Merci beaucoup!

Par FAVROT le 12/08/15 à 10h58

j’ai 70 ans et j’apprends l’allemand et l’anglais,avec Assimil .J’avais déjà de bonnes notions dans ces deux langues mais je voulais me perfectionner, et ainsi conserver une bonne mémoire. Etant à la retraite, j’avoue que le temps consacré sur mon ordinateur à cette étude,m’est devenue indispensable.

Par Marc N. le 17/10/15 à 18h42

Article absolument fascinant. Je ne parle couramment que 3 langues et j’ai des notions de 2 ou 3 autres , mais surtout je suis prof de français FLE,. Mes étudiants , quoique fort sympathiques, sont désespérants, ils manquent totalement d’autonomie, et je vais essayer de leur expliquer votre démarche.

Par Gabrielle le 07/08/16 à 18h22

@ Luca Lampariello:
Ciao Luca,
Potresti dirmi se hai imparato tutte queste lingue col medoto Assimil oppure se ne hai usato altri?
Ti ringrazio tanto

A Marc N.:
Bonjour Marc, j’aimerais devenir également prof de FLE, estimez-vous que parler une ou des langue(s) étrangère(s) est un atout pour se faire embaucher?
Evidemment , c’est utile humainement, mais cela peut-il réellement faire la différence lors sur un cv ou lors d’un entretien?
L’arabe par exemple est une langue parlée par un grand nombre de migrants. Pensez-vous que cela plairait aux employeurs des structures ou l’on enseigne le FLE? Ou bien estiment-t-ils que les téléphones disposant d’application de traduction sont suffisants pour traduire un mot de temps en temps étant donné que les cours doivent se dérouler en immersion?

Cordialement,

Gabrielle

Par Frédéric le 04/09/16 à 16h49

«Tu ne peux jamais savoir ce qui peut arriver dans ta vie grâce à une langue que tu as apprise» à elle seule cette phrase vous inspire pour apprendre une autre langue!

Merci Luca
Fred.

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