Nouveauté : Grammaire du japonais
de Catherine Garnier

Publié le 16/02/2017 par Éditions Assimil
17 commentaires

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C’est l’une des grandes nouveautés Assimil pour 2017, et un projet mûri longuement par Catherine Garnier, notre spécialiste du japonais : Grammaire du japonais est un ouvrage de fond quelque peu iconoclaste qui défend ce que l’auteur a toujours soutenu : si on écarte l’écriture est ses difficultés réelles, le japonais est une langue simple. Le livre est préfacé par Claude Hagège, linguiste, polyglotte et professeur au Collège de France.
Contrairement au cas du français, il n’existe pas de grammaire standard du japonais, ce qui peut dérouter ceux qui se lancent dans l’étude de cette langue. Le présent ouvrage est avant tout un ouvrage pratique, qui se fixe pour but d’apporter un soutien éclairé à toute personne curieuse de mieux comprendre le fonctionnement de la langue japonaise. Et ceci, en proposant une description cohérente, simple, exhaustive de ses mécanismes. Pour ce faire, il s’écarte quelque peu de l’usage actuel , tant en France qu’au Japon. Utilisable en lecture continue, il peut aussi, grâce à un index fourni, être utilisé comme dictionnaire de grammaire.

La grammaire la plus habituellement en usage tant au Japon qu’à l’étranger est un assemblage de données venant de deux traditions différentes, une tradition japonaise pour certains faits,  la tradition occidentale pour d’autres, auxquelles il faut ajouter celles fournies par l’analyse linguistique contemporaine. La Grammaire du japonais de Catherine Garnier tente de prendre ses distances  par rapport  à cet héritage  et de s’en tenir directement à l’observation des faits de la langue. Selon l’auteur, la langue japonaise est en effet très remarquable par la simplicité des rouages qu’elle utilise et leur répétition, presque monotone, à divers niveaux de l’organisation de la phrase. L’ouvrage part de la description des types de phrases, pour petit à petit, « zoomer » sur les faits de détail. Il propose en particulier une approche originale de la morphologie des verbes et met en valeur l’existence d’une série d’outils qui se sont ajoutés au cours du temps à l’outillage primitif, pour créer toutes sortes de compléments. Cette approche permet de simplifier grandement la saisie de la structure syntaxique des énoncés. Faire percevoir la simplicité de l’organisation  de la langue japonaise, en utilisant délibérément le rōmaji (la notation du japonais en alphabet romain), telle est une des ambitions de cet ouvrage, dans la ligne de la méthode de japonais du même auteur.

Catherine Garnier viendra présenter et dédicacer son ouvrage au salon du Livre de Paris les samedi 25 et dimanche 26 mars 2017.

Commentaires

Par vegaz le 17/02/17 à 22h09

J’ai beaucoup aimé la méthode et les cahiers d’écriture Assimil pour le japonais, j’étais donc ravi en lisant cette nouvelle… mais après… pourquoi uniquement le romaji?

    Par Éditions Assimil le 21/02/17 à 9h42

    Imaginez le même ouvrage avec les kana et les kanji… cela contredirait complètement le dessein de l’auteur.

Par Yann le 20/02/17 à 21h59

« si on écarte l’écriture est ses difficultés réelles, le japonais est une langue simple. » Le français aussi ! 😀 l’écriture ET ses difficultés réelles.
Enfin y a pas de mal hein ^^ je fais moi-même allégrement parti de ceux qui se plantent souvent en confondant participe passé avec infinitif et même avec l’imparfait dans mon cas -_- lol

Très bon idée en tout cas ! Je pense et j’espère aussi que ce livre permettra de gravir le mont Fuji plutot par la promenade aux cerisiers fleuris plutot que par la falaise aux kanjis ! 🙂

Par Michel BELLON le 21/02/17 à 0h42

Bonsoir,

L’article ci-dessus souligne à juste titre que la Grammaire du japonais de Catherine Garnier comble enfin une lacune (n’oublions pas toutefois la Grammaire japonaise systématique en 2 tomes de Shimamori Reiko, publiée chez Maisonneuve il y a presque un quart de siècle, somme à ce jour inégalée).
Je viens de l’acheter, et je dois dire que je suis terriblement déçu qu’Assimil ait accepté de publier, en 2017, un livre en effet aussi important pour l’édition linguistique francophone, qui laisse de côté l’écriture, pourtant si intimement liée à cette langue.
Pour reprendre le parallèle fait par Yann, imagine-t-on une grammaire du français ou de l’anglais en transcription phonétique sous prétexte que l’orthographe de ces deux langues présente des « difficultés réelles » ?

Ainsi, on nous « refait le coup » de l’introduction au thaï, sauf qu’il ne s’agit pas cette fois d’un simple ouvrage d’initiation, mais d’un livre à l’ambition bien plus grande.
Et contrairement à ce que suggère l’article, l’auteure ne justifie nullement son choix de négliger l’écriture, se contentant de dire à la fin du préambule que « Le système de transcription adopté… est le système Hepburn… ». J’avoue que j’aurais lu avec beaucoup d’intérêt ce qui a poussé une spécialiste reconnue du japonais, co-auteure de la magnifique méthode « Sans peine », à nous offrir un tel ouvrage en passant sous silence tout un pan de la langue. Car l’écriture en est, quoi qu’on en dise, un élément indissociable. J’en veux pour preuve les cas assez nombreux d’ambiguïté due notamment aux homophones, aux lectures « on » et « kun », auxquels Maurice Coyaud a consacré un livre.
Telle qu’elle se présente, cette grammaire est hélas bien peu pratique pour l’étudiant, qu’elle obligera à reconstituer lui-même les formes écrites, indispensables à un véritable apprentissage du japonais.

Ce parti pris est d’autant plus incompréhensible qu’un moyen terme acceptable aurait été de transcrire les mots japonais en kana, comme cela se fait au Japon dans les ouvrages pour les enfants des petites classes, et pour l’enseignement de la langue aux étrangers. Les syllabaires hiragana et katakana sont suffisamment simples pour que quelqu’un qui s’intéresse à la langue au point d’en étudier la grammaire puisse les maîtriser en un temps relativement court.

Je comprends bien évidemment qu’il était assez indispensable de donner la translittération intégrale du japonais dans cette grammaire comme dans la méthode. Mais cela aurait abouti à un livre beaucoup plus volumineux et donc plus cher, et je soupçonne que la seule et vraie raison du choix fait soit cette considération économique.

Quoi qu’il en soit, je regrette qu’une splendide occasion de se distinguer dans l’excellence qui caractérise si souvent Assimil ait été ici manquée.
Peut-être une future réédition verra-t-elle au moins l’ajout d’une Partie 6 traitant de l’écriture et de ses principes, illustrée par de nombreux exemples pris dans les autres parties ?

Pour finir sur une note plus positive, je précise que je lirai cette Grammaire du japonais avec un grand intérêt. Après en avoir rapidement parcouru quelques passages, il me semble qu’il faut en recommander l’acquisition, même amputée de ses kana et kanji, à tous ceux qui s’intéressent à la langue japonaise.
Et j’espère aussi bien entendu que ce livre sera le premier d’une série nouvelle de grammaires venant compléter celles des méthodes, cahiers d’écritures et d’exercices, dictionnaires et guides de conversation.

Bonne fin de soirée,
Michel.

    Par Éditions Assimil le 21/02/17 à 9h49

    Bonjour, Grammaire du japonais n’a vraiment rien à voir avec l’introduction au thaï et ne peut être comparé à cet ouvrage. Vous pourrez débattre de ce choix d’abolir l’écriture avec l’auteure à la librairie japonaise junku prochainement, ou au salon du Livre. Croyez-bien qu’elle l’assume pleinement. Je lui transmets de toute façon votre message et elle vous répondra..

Par Chris K. le 21/02/17 à 3h10

Bonjour,

Moi aussi, en feuilletant le livre de grammaire du japonais de Catherine GARNIER, j’étais très surpris de ne voir aucun caractère japonais tout au long de l’ouvrage…

Mme GARNIER étant une spécialiste de la langue japonaise,
j’ai du mal à comprendre son choix d’occulter l’écriture, même si c’est un livre qui est exclusivement consacré à la syntaxe et à la morphologie du japonais.

日本語

Par Michel BELLON le 21/02/17 à 10h40

Bonjour,

Il ne s’agit en effet pas de comparer l’Introduction au thaï avec la Grammaire du japonais, mais bien de regretter que ces deux ouvrages présentent une langue en partie artificielle, puisqu’elle laisse dans l’ombre un de ses éléments essentiels.
Quand on étudie le japonais (le chinois, le hindi, le khmer…) on ne peut se passer de l’écriture, car une fois en contact avec la réalité du pays, on ne trouve aucun texte en romaji.
Pour tirer pleinement profit de cette grammaire, aussi remarquable soit-elle, il faut donc disposer de la « vraie version » des exemples japonais, et le travail de restitution est donc laissé ici à la charge des étudiants. Mais disons, pour voir les choses du bon côté, que ce sera un excellent exercice pour ceux qui auront le courage de s’y livrer ! 😀

Par ailleurs, j’ai bien compris que l’auteure assume son choix, mais j’aurais aimé qu’elle argumente dans l’introduction de l’ouvrage un « dessein » qui me laisse perplexe, car vivant loin de Paris, je ne pourrai pas, comme sans doute une majorité de participants à ce bloc-notes, faire le déplacement pour rencontrer Catherine Garnier.

Encore une fois, je me réjouis de la publication d’un ouvrage qui, pour autant que je puisse en juger à ce stade, et n’étant absolument pas un spécialiste du japonais, est suffisamment novateur pour attirer l’attention de tous ceux qui s’intéressent à cette langue. Mais à mon avis (et j’ai peine à l’exprimer, car j’ai une très haute opinion de l’ensemble du travail fait par Assimil et ses auteur-e-s depuis presque 90 ans), en ne disant rien du système d’écriture de la langue, cette Grammaire risque fort de ne pas avoir le retentissement qu’elle aurait mérité.

Bonne journée,
Michel.

    Par Éditions Assimil le 23/02/17 à 17h26

    Cher Monsieur Bellon

    Ecrire ou ne pas écrire en kana-kanji, telle est toujours la question qui se pose dès qu’on s’occupe de parler du japonais. C’est en effet la question qui s’est posée dès le début lorsqu’il a été question chez Assimil de faire la méthode « le Japonais sans peine ». Il était évident pour les auteurs que, dans l’apprentissage de la langue, on ne pouvait séparer la langue et son écriture. C’était pourtant à l’époque un terrible défi que seul Assimil avait le courage de relever. En effet il n’y avait pas alors les moyens d’aujourd’hui et c’était une prouesse technique. La composition a été faite : le japonais d’un côté (non sans mal) et le français d’un autre côté, les deux textes étant ensuite rassemblés ligne par ligne par collage (y compris les furigana/rubi au dessus ces kanji). Si je me permets de rappeler cette époque héroïque c’est pour vous dire combien nous étions attachées à ce principe, et, au passage, dire ma reconnaissance aux éditions Assimil qui ont eu l’audace de se lancer dans une telle aventure. Et d’ailleurs ce principe a été toujours appliqué dans les autres ouvrages, y compris le Guide de conversation qui s’adresse à des personnes qui ne maîtrisent pas l’écriture japonaise et sans doute même ne l’apprendront jamais, et vous le verrez dans le Cahier d’exercices à paraître prochainement, qui, tout en s’adressant à de purs débutants n’hésite pas à les plonger directement dans l’écriture en kanas. Assimil propose d’ailleurs, vous le savez bien, tous les éléments nécessaires pour la personne qui veut s’attaquer à l’écriture japonaise (la méthode elle-même, le livre de kanji qui l’accompagne et les deux cahiers d’écriture).

    Alors pourquoi ce choix pour la grammaire ?

    Je me permettrais de revenir sur une de vos phrases. Vous dites que « l’écriture est un élément indissociable de la langue ». Dans un sens « oui » puisque c’est le système qui s’est historiquement imposé pour la transcrire et que les locuteurs de cette langue y sont attachés (cf la difficulté de toucher à l’orthographe du français qui n’est pourtant qu’une construction relativement récente), dans un sens « non » car, tous les linguistes le savent, l’écriture n’est qu’un élément second, dont les langues se sont très longtemps passé (et l’immense majorité des langues aujourd’hui n’ont pas d’écriture). Toutes les langues ont existé bien avant qu’on ne les ait écrites. L’écriture est une convention. La preuve : certaines langues ont changé radicalement d’écriture sans que cela change quoi que ce soit à la langue elle même : passage de l’alphabet latin au cyrillique ou l’inverse, passage des caractères chinois à l’alphabet latin… Les Japonais eux-mêmes, conscients de la complexité de leur système d’écriture ont eu la tentation à la fin du 19e de passer à l’alphabet romain.

    Surtout : il ne faut pas mélanger les genres : une grammaire n’est pas une méthode de langue.
    Elle est évidemment un soutien pour la maitrise de la langue, mais en jouant son rôle spécifique. Elle est l’exposé du résultat d’une démarche intellectuelle visant à analyser les faits et la structure d’une langue, démarche dans laquelle l’écriture n’a strictement aucune pertinence. Ce qui importe c’est que lecteur comprenne les mécanismes analysés, les exemples ne sont là que pour l’y aider. Les donner en transcription aide à aller directement à ce qui est essentiel ici : comprendre un fait de cette langue. Personne ne se plaint que les entrées des dictionnaires japonais-une langue occidentale conçus en Europe ou aux Etats-Unis soient écrites en alphabet latin. Simplement parce qu’un dictionnaire n’est pas non plus une méthode de langue, il a un but précis : donner le sens des mots. Donc chacun a sa place et son rôle :
    – vous voulez apprendre une langue : c’est l’aspect global : les sons, les constructions, le sens des mots, et bien sûr la notation…Les méthodes sont là pour ça.
    – vous voulez chercher le sens d’un mot : le dictionnaire
    – vous voulez mieux comprendre son organisation : les grammaires
    Quand il s’agit d’exposer des réflexions sur la langue, vous pourrez constater d’ailleurs qu’il est d’usage depuis longtemps dans tous les ouvrages de linguistique, articles, livres, thèses pour des langues comme le japonais (le chinois et autres langues d’Asie) de raisonner à partir d’exemples en transcription. Ceci est vrai en Francs, mais aussi dans les autres pays européens ou aux Etats-Unis. De tels ouvrages (dans lesquels je place ma grammaire) s’adressent, en sus, à toute personne intéressée par cette langue, indépendamment de son intention de l’apprendre ou non. Je possède d’excellentes grammaires du gallois, du breton, du norvégien et du chinois (en transcription heureusement), bien que je n’aie jamais eu l’intention d’apprendre ces langues. Je suis seulement intéressée par leur organisation. La grammaire s’adresse aussi à ces personnes. Elle n’est pas faite seulement pour les japonologues mais aussi pour les linguistes intéressés. C’est une manière de sortir le japonais dans la cage dans laquelle l’ont enfermé ceux qui, pendant trop longtemps ont fait croire que c’était une langue difficile, tellement différente des autres, « inapprenable ». Mais le japonais est une langue comme les autres, ni plus facile, ni plus difficile. Ce qui s’est passé c’est qu’on a justement trop souvent confondu ce qui concerne la langue et ce qui concerne l’écriture, et que l’on doit absolument séparer. Que le système de notation du japonais soit diabolique, j’en conviens. La langue, elle, se montre au contraire d’une extraordinaire simplicité d’organisation. C’est ce que cette grammaire entend démontrer.

    Encore un point : mon expérience m’a montré que beaucoup de personnes qui souhaitent apprendre le japonais n’iront jamais jusqu’à la phase de maitrise de l’écriture, mais resteront à la pratique orale. C’est aussi (et peut être surtout) à eux que je souhaite m’adresser. Maitriser l’écriture du japonais pour être capable de le lire sans compulser sans cesse son dictionnaire de kanji, c’est ce à quoi arrivent à peine les étudiants de Master après 4 années de travail intensif… et des centaines (milliers…) d’heures d’exercices de kanji.

    Ma grammaire a pour seule ambition de soutenir le travail de tous ceux qui, à un degré ou un autre, veulent entrer dans la compréhension des mécanismes d’une langue qui est le japonais. Comme je l’ai déjà dit : dans ce cas l’écriture n’a aucune pertinence. Ecrire tous les exemples en kana-kanji ne servirait qu’à alourdir l’ouvrage, ne serait d’aucune utilité pédagogique et pourrait même rebuter certains, ce qui serait bien dommage.
    Catherine Garnier

Par Bruno le 21/02/17 à 11h00

J’avance lentement mais à pas assurés en japonais grâce à l’excellente méthode Sans Peine mise à jour en 2014. J’ai pris la difficile décision d’ignorer l’écriture au début et de m’initier au japonais parlé uniquement jusqu’à la fin de l’ouvrage et de « m’occuper » de l’écriture par la suite (comme les petits Japonais qui apprennent d’abord à parler avant de tracer les kana/kanji à l’école).

Dans cette optique, je suis absolument ravi de la grammaire de Catherine Garnier (reçue hier par la poste) qui explique tout en rōmaji, cela me permettra d’élucider certains points de grammaire pas toujours approfondis dans le Sans Peine.

Je comprends la tristesse et la déception de certains commentateurs ici de ne pas voir un seul kana/kanji dans cette grammaire, moi ça m’arrange ! Je dis donc un grand merci à Catherine Garnier (et sa co-auteure) pour l’excellente méthode Sans Peine, et maintenant pour cette magnifique grammaire que j’ai eu le plaisir de feuilleter hier pour la première fois.

Un seul bémol touchant au dictionnaire JaponaisFrançais d’Assimil qui lui aussi permet de consulter l’ouvrage en rōmaji : le dictionnaire en lui-même me plaît, mais la qualité d’impression est très mauvaise : il y a plusieurs pages où deux couches d’impression superposées sont décalées, ce qui rend les pages quasiment illisibles.

Par Bruno le 21/02/17 à 11h12

J’ajouterais juste ceci, en vœu pieux : si vous pouviez d’ores et déjà préparer le Perfectionnement Sans Peine du japonais, comme ça à l’horizon 2019 (eh oui, sont lents ces petits Suisses), au terme de la leçon 98 du Sans Peine, j’aurais 70 nouvelles leçons pour enchaîner directement et me faire plaisir jusqu’en 2023 ! D’autant plus que Catherine Garnier doit être au chômage technique ces jours-ci, ayant terminé la grammaire, ce serait l’occasion de lui fournir un nouveau CDD 🙂

Par Chris K. le 21/02/17 à 22h04

De manière générale, toutes les méthodes de langue « sans peine » publiées par ASSIMIL devraient à terme avoir leur ouvrage de perfectionnement.

Avec toutes les langues proposées par ASSIMIL, on devrait tous avoir la possibilité d’accéder au niveau C1 via ASSIMIL.

Pour cela, dans un premier temps, il faudrait faire un perfectionnement pour les langues dites « majeures », à savoir:

– Anglais U.S.
– Néerlandais
– Portugais (Portugal et Brésil)
– Polonais
– Hébreu
– Chinois mandarin
– Japonais

Les packs de « perfectionnement » pour toutes les autres langues viendraient par la suite au fil du temps.

Par Chris K. le 24/02/17 à 13h24

Bonjour,

Je viens de lire les explications de Mme GARNIER que je trouve très intéressantes.
Néanmoins une question me traverse l’esprit;
si les japonais étaient conscients de la complexité de leur système d’écriture à la fin du XIXème siècle,
pourquoi n’ont ils pas finalement adopté l’alphabet latin ?
Alors que d’autres langues asiatiques l’ont adopté comme le malais, l’indonésien, et surtout le vietnamien en 1651 par le jésuite
Alexandre de Rhodes.

Par Michel BELLON le 24/02/17 à 17h39

Bonjour Chris,

J’ai moi aussi pris connaissance du message de Catherine Garnier en début d’après-midi. Je ne suis malgré tout pas entièrement convaincu par ses arguments. Je suis en train de finir de lui écrire un nouveau message que j’enverrai un peu plus tard.

En ce qui concerne le vietnamien, je voulais juste préciser que si le système de notation de la langue au moyen de l’alphabet latin (chữ quốc ngữ) a bien été inventé au milieu du 17ème siècle, il n’a été véritablement en usage que 3 siècles plus tard. C’est en effet à partir de 1918 (donc encore à l’époque de l’occupation française) qu’il a été introduit dans l’enseignement, et il fallu attendre l’indépendance du pays (entre 1945 et 1954, en raison de la « guerre d’Indochine ») pour qu’il soit généralisé.

Bon après-midi,
Michel.

Par Michel BELLON le 24/02/17 à 20h28

Chère Catherine Garnier,

Je prends bonne note de votre réponse, et je vous remercie d’avoir pris la peine de nous expliquer le sens de votre démarche.
Je la comprends parfaitement maintenant, bien que je persiste à regretter que votre ouvrage soit privé de ce qui aurait constitué, de mon point de vue, la « dernière touche » pour en faire un événement de la japonologie et de l’édition linguistique françaises.

Il est certain que la représentation graphique d’une langue constitue un système qui vient se superposer à sa structure purement linguistique, et vous avez raison de rappeler qu’il est arrivé, assez souvent, que l’on passe de l’un à l’autre au gré de circonstances diverses (souvent politiques), comme cela a été le cas, pour ne citer que des exemples pris au XXème siècle, pour le vietnamien, le turc, le roumain de Moldavie, l’ouzbek, le berbère, l’inuktitut… D’ailleurs, il serait tout à fait possible de transcrire le français à l’aide des caractères chinois complétés, pour la notation des parties variables des mots inconnues en chinois, par un équivalent des kana japonais. Nous écririons alors « 私達 行ons au 庭 » au lieu de « Nous allons au jardin », ou « 私達 行ions / 行rons au 庭 » pour la même phrase à l’imparfait / au futur. Et bien entendu, nous continuerions à dire « jardin » là où nous écririons 庭, et nous prononcerions le caractère 行, selon les cas et les compléments graphiques qui l’accompagneraient, [al] dans 行er, 行ons, 行ez « aller, allons, allez », [ve, va, vɔ̃] dans 行s, 行t, 行nt « vais (ou vas), va, vont », [i] dans 行rai, 行ront, 行riez « irai, iront, iriez », etc., ce qui rappellerait beaucoup les différentes « lectures » des caractères en japonais.

Je suis également d’accord avec vous quand vous dites qu’une grammaire a une visée différente de celle d’une méthode : comme vous, j’ai des grammaires de très nombreuses langues que je ne parlerai jamais mais dont la structure m’intéresse. Toutefois, le système d’écriture du japonais, langue qui n’est plus uniquement orale depuis longtemps, a une signification particulière pour ses locuteurs et il est probable que seul le chinois puisse lui être comparé de ce point de vue, ce qui n’étonnera personne. Le statut et le prestige de la calligraphie dans ces deux langues ne seraient autrement pas aussi importants.

J’admets la plupart des arguments que vous donnez en faveur de la romanisation, dont je précisais d’ailleurs dans l’un de mes messages qu’elle me semblait indispensable. Ce que je regrette, c’est que le texte japonais n’ait pas été donné en plus. Je n’ai sans doute pas été assez clair sur ce point : oui, la présence des seuls kanji et kana aurait sûrement rendu votre ouvrage d’un abord trop difficile, mais leur absence totale donne en revanche à la matière de ce beau livre quelque chose « d’artificiel », et c’est bien dommage. Vous citez à l’appui de votre choix les dictionnaires dont les entrées japonais-langue occidentale sont romanisées. C’est vrai, mais l’écriture en kanji et kana est aussi presque toujours donnée à côté des rōmaji ! C’est le cas notamment dans le dictionnaire d’Assimil, ceux d’Oxford et de Webster, ceux publiés par Kōdansha (notamment ceux qui utilisent les furigana pour faciliter la recherche), les dictionnaires japonais-allemand, japonais-russe, etc. Et il en va exactement de même pour les principales grammaires. En français, à celle de Shimamori Reiko déjà citée, j’ajouterai « Neko no te » de Frédérique Barazer et les « Leçons de japonais » de Mori Arimasa, ouvrage plus ancien qui combine exposé théorique et enseignement pratique de la langue.

Mais cela dit, Assimil ne propose pas un apprentissage oral des langues, comme prétendent le faire certains éditeurs étrangers (assez vainement à mon avis, mais cela est un autre débat), à tel point que même la méthode de tamoul (hélas retirée du catalogue) qui était explicitement dédiée à la « langue parlée » donnait tous les textes dans la véritable écriture de la langue, et que le cas de l’Introduction au thaï restait l’exception confirmant la règle « d’authenticité » qu’applique l’éditeur.
J’aurais donc finalement mieux compris (mais tout autant déploré 😀 ) la logique du choix que vous avez fait pour la Grammaire si la méthode Sans peine et les autres publications consacrées au japonais avaient été en rōmaji.

En conclusion, je voudrais tout de même préciser que la préoccupation pédagogique qui fonde votre démarche me paraît tout à fait louable. Je voudrais surtout insister sur le fait que, malgré mes regrets au sujet de l’écriture, je trouve votre livre remarquable. C’est la raison pour laquelle je vous adresse, ainsi qu’à Assimil, de chaleureux remerciements pour cette entreprise.
Il nous reste à souhaiter maintenant qu’un « Perfectionnement japonais » vienne bientôt compléter le matériel disponible pour l’étude de cette langue passionnante !

Cordialement,
Michel.

Par Chris K. le 26/02/17 à 1h38

En parlant du japonais, les origines de cette langue restent toujours un mystère.
Il en est de même pour le coréen.

Faute de documents écrits très anciens, le japonais reste encore un isolat linguistique (on parle parfois de langues « japoniques »).

Pourquoi cette ressemblance étrange avec les structures du coréen, alors que coréen et japonais sont deux langues qui ne sont pas intercompréhensibles.

Certains linguistes relient le caractère agglutinant du japonais et du coréen aux langues Altaïques/langues turques, alors que d’autres linguistes semblent lier les origines du japonais aux langues polynésiennes du Pacifique…

Bref, les origines précises du japonais, du coréen, voire du mongol ne sont toujours pas clairement élucidées.

Par Michel BELLON le 26/02/17 à 20h25

Bonjour Chris,

Comme d’habitude, ton message soulève d’intéressantes questions. 🙂

Ce qu’on appelle « langues japoniques » ou « langues japonaises » est l’ensemble constitué par les différents dialectes du japonais à proprement parler plus les langues de l’archipel des Ryūkyū (elles-mêmes comportant des dialectes), dont les deux plus importantes sont celles de Miyako (宮古口 [ミャークフツ], [miyākufutsu]) et surtout d’Okinawa, l’ « okinawaïen » (沖縄口 [ウチナーグチ], [uchināguchi]), auquel L’Harmattan a récemment consacré un volume dans sa série « Parlons » que nous connaissons bien.

La question de l’origine des langues donne lieu depuis des siècles (et en particulier depuis le XIXème et l’apparition d’une véritable approche scientifique dans ce domaine) à des discussions sans fin. Rares sont les cas qui suscitent l’unanimité comme l’indo-européen.
Il serait hasardeux (surtout pour moi ! 😀 ) de m’aventurer sur la voie des théories concernant le japonais (le basque lui a même été comparé), mais il me semble que dans l’état actuel des choses les spécialistes se partagent entre trois hypothèses principales :
– langue isolée*** ;
– parenté avec le coréen, langue qui elle-même n’est pas clairement rattachée à une famille, mais qu’on considère souvent comme une langue altaïque ;
– lointaine origine austronésienne, avec influence des langues altaïques***.

*** Le japonais a subi une forte influence du chinois, ce qui en ferait une « langue hybride », un peu comme l’anglais qui occupe une position intermédiaire entre les langues germaniques et romanes. Toutefois, cette influence du chinois sur le japonais se limite au vocabulaire, ainsi évidemment qu’à l’écriture, qui fait l’objet de beaucoup de nos discussions du moment, et ne touche qu’extrêmement peu à la structure de la langue (alors que l’anglo-normand a fait diverger assez considérablement le vieil anglais des autres langues germaniques). À l’inverse, l’influence supposée des langues altaïques se serait exercée beaucoup plus en profondeur.

Notons au passage que l’archipel japonais abrite une seconde langue aux origines tout aussi énigmatiques, l’aïnou (アイヌ イタク), que certains traits rapprochent des langues paléo-sibériennes. Cette langue est hélas en très grand danger d’extinction, malgré les efforts faits au cours des deux dernières décennies pour la revitaliser.

En ce qui concerne les rapports entre japonais et coréen, le fait que deux langues se ressemblent ou même qu’elles aient des origines et structures communes n’entraîne pas forcément qu’elles soient intercompréhensibles. Le français et le russe sont deux langues assez proches et qui ont beaucoup de ressemblances, mais un francophone et un russophone ne peuvent se comprendre sans avoir étudié la langue de leur interlocuteur.
Tout dépend aussi de ce qu’on entend par « intercompréhension ». Pour un francophone n’ayant aucune notion du castillan, du catalan ou de l’italien par exemple, il est très difficile, voire impossible, de suivre une conversation dans ces langues, pourtant réputées « très proches » de la nôtre, et d’en saisir plus que quelques mots isolés qui permettront de deviner vaguement (et parfois en se trompant) de quoi il est question. À l’écrit pourtant, ou si les locuteurs font un effort particulier, on peut parvenir à comprendre suffisamment de choses pour que l’information passe.

Pour en revenir aux ressemblances entre langues, nous savons qu’elles sont souvent dues à des emprunts, ce qui appelle encore quelques remarques.
Nous avons vu que ceux qui concernent le vocabulaire sont les moins significatifs, car ils n’affectent pas les éléments plus fondamentaux de la langue que sont la « grammaire » et la « phonétique » (pour utiliser des termes communs, bien qu’un peu imprécis). Les mots, en nombre quasi-illimité, voyagent énormément et s’enracinent plus ou moins profondément dans les langues les plus diverses au gré de leurs pérégrinations. Ainsi, « paquebot » et « shopping » sont deux exemples de l’adaptation d’un mot anglais à la prononciation du français : assimilation complète dans le premier cas, maintien d’une forme assez proche de l’original dans le second. Cela dit, on a beau utiliser en français « relooker » et « week-end », ces mots n’en sont pas moins parfaitement adaptés au système de notre langue, car le premier pourra se conjuguer à tous les temps, les modes et les personnes qui n’existent pas en anglais, et le second (outre son orthographe qui n’est pas celle d’origine) se prononcera au pluriel « week-ends » comme au singulier, suivant ainsi la règle générale en français.
Cependant, des emprunts comme « shopping », « parking » et les nombreux mots anglais terminés par -ing ont déjà un effet plus profond sur notre langue : ils ont introduit dans son système phonétique une nouvelle unité [ŋ] qui n’en faisait pas partie. De plus, sur le plan lexical, le suffixe -ing tend à devenir productif et on le trouve dans des termes purement « français » : zapping, relooking, reporting (formé sur le verbe « reporter »)…
D’une tout autre nature est l’influence de l’anglo-normand sur le vieil anglais évoquée ci-dessus, qui a abouti à des transformations importantes à la fois dans la syntaxe (structure des propositions) et dans la morphologie (formation du pluriel).

On peut aussi mentionner ici les cas de convergences entre langues qui ont longtemps partagé un espace géographique commun et qui peuvent ou non être apparentées. On en a un exemple en Europe avec l’aire balkanique où l’on observe plusieurs manifestations de ce phénomène, telles que :
– en roumain, bulgare, macédonien, albanais (et grec dans une moindre mesure), l’identité des constructions attributives (« datif ») et possessives (« génitif »), qu’elles soient exprimées par des cas ou par des prépositions ;
– en roumain, bulgare, macédonien, albanais, grec et serbe, la formation du futur au moyen d’un auxiliaire (ou d’une forme figée de ce dernier) ayant le sens de « vouloir » (comme dans les langues germaniques) ;
– en roumain, bulgare, macédonien et albanais, le développement d’un article défini postposé, etc.

Pour finir sur une note purement japonaise 😉 , comme on le voit, 一事が万事, d’une chose, on passe à dix mille ! 😛

Bonne soirée,
Michel.

Par david w. le 26/03/17 à 16h27

Débat stérile

un enfant japonais de 6-7 ans ne connaît pratiquement aucun kanji possède peu de vocabulaire et pourtant maitrise mieux la langue que tous les intervenants, ici!
il faut 10ans à un élève pour comprendre un journal… chaque chose en son temps…

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