Nouveauté : Grammaire du japonais
de Catherine Garnier

Publié le 16/02/2017 par Éditions Assimil
36 commentaires

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C’est l’une des grandes nouveautés Assimil pour 2017, et un projet mûri longuement par Catherine Garnier, notre spécialiste du japonais : Grammaire du japonais est un ouvrage de fond quelque peu iconoclaste qui défend ce que l’auteur a toujours soutenu : si on écarte l’écriture est ses difficultés réelles, le japonais est une langue simple. Le livre est préfacé par Claude Hagège, linguiste, polyglotte et professeur au Collège de France.
Contrairement au cas du français, il n’existe pas de grammaire standard du japonais, ce qui peut dérouter ceux qui se lancent dans l’étude de cette langue. Le présent ouvrage est avant tout un ouvrage pratique, qui se fixe pour but d’apporter un soutien éclairé à toute personne curieuse de mieux comprendre le fonctionnement de la langue japonaise. Et ceci, en proposant une description cohérente, simple, exhaustive de ses mécanismes. Pour ce faire, il s’écarte quelque peu de l’usage actuel , tant en France qu’au Japon. Utilisable en lecture continue, il peut aussi, grâce à un index fourni, être utilisé comme dictionnaire de grammaire.

La grammaire la plus habituellement en usage tant au Japon qu’à l’étranger est un assemblage de données venant de deux traditions différentes, une tradition japonaise pour certains faits,  la tradition occidentale pour d’autres, auxquelles il faut ajouter celles fournies par l’analyse linguistique contemporaine. La Grammaire du japonais de Catherine Garnier tente de prendre ses distances  par rapport  à cet héritage  et de s’en tenir directement à l’observation des faits de la langue. Selon l’auteur, la langue japonaise est en effet très remarquable par la simplicité des rouages qu’elle utilise et leur répétition, presque monotone, à divers niveaux de l’organisation de la phrase. L’ouvrage part de la description des types de phrases, pour petit à petit, « zoomer » sur les faits de détail. Il propose en particulier une approche originale de la morphologie des verbes et met en valeur l’existence d’une série d’outils qui se sont ajoutés au cours du temps à l’outillage primitif, pour créer toutes sortes de compléments. Cette approche permet de simplifier grandement la saisie de la structure syntaxique des énoncés. Faire percevoir la simplicité de l’organisation  de la langue japonaise, en utilisant délibérément le rōmaji (la notation du japonais en alphabet romain), telle est une des ambitions de cet ouvrage, dans la ligne de la méthode de japonais du même auteur.

Catherine Garnier viendra présenter et dédicacer son ouvrage au salon du Livre de Paris les samedi 25 et dimanche 26 mars 2017.

Commentaires

Par vegaz le 17/02/17 à 22h09

J’ai beaucoup aimé la méthode et les cahiers d’écriture Assimil pour le japonais, j’étais donc ravi en lisant cette nouvelle… mais après… pourquoi uniquement le romaji?

    Par Éditions Assimil le 21/02/17 à 9h42

    Imaginez le même ouvrage avec les kana et les kanji… cela contredirait complètement le dessein de l’auteur.

Par Yann le 20/02/17 à 21h59

« si on écarte l’écriture est ses difficultés réelles, le japonais est une langue simple. » Le français aussi ! 😀 l’écriture ET ses difficultés réelles.
Enfin y a pas de mal hein ^^ je fais moi-même allégrement parti de ceux qui se plantent souvent en confondant participe passé avec infinitif et même avec l’imparfait dans mon cas -_- lol

Très bon idée en tout cas ! Je pense et j’espère aussi que ce livre permettra de gravir le mont Fuji plutot par la promenade aux cerisiers fleuris plutot que par la falaise aux kanjis ! 🙂

Par Michel BELLON le 21/02/17 à 0h42

Bonsoir,

L’article ci-dessus souligne à juste titre que la Grammaire du japonais de Catherine Garnier comble enfin une lacune (n’oublions pas toutefois la Grammaire japonaise systématique en 2 tomes de Shimamori Reiko, publiée chez Maisonneuve il y a presque un quart de siècle, somme à ce jour inégalée).
Je viens de l’acheter, et je dois dire que je suis terriblement déçu qu’Assimil ait accepté de publier, en 2017, un livre en effet aussi important pour l’édition linguistique francophone, qui laisse de côté l’écriture, pourtant si intimement liée à cette langue.
Pour reprendre le parallèle fait par Yann, imagine-t-on une grammaire du français ou de l’anglais en transcription phonétique sous prétexte que l’orthographe de ces deux langues présente des « difficultés réelles » ?

Ainsi, on nous « refait le coup » de l’introduction au thaï, sauf qu’il ne s’agit pas cette fois d’un simple ouvrage d’initiation, mais d’un livre à l’ambition bien plus grande.
Et contrairement à ce que suggère l’article, l’auteure ne justifie nullement son choix de négliger l’écriture, se contentant de dire à la fin du préambule que « Le système de transcription adopté… est le système Hepburn… ». J’avoue que j’aurais lu avec beaucoup d’intérêt ce qui a poussé une spécialiste reconnue du japonais, co-auteure de la magnifique méthode « Sans peine », à nous offrir un tel ouvrage en passant sous silence tout un pan de la langue. Car l’écriture en est, quoi qu’on en dise, un élément indissociable. J’en veux pour preuve les cas assez nombreux d’ambiguïté due notamment aux homophones, aux lectures « on » et « kun », auxquels Maurice Coyaud a consacré un livre.
Telle qu’elle se présente, cette grammaire est hélas bien peu pratique pour l’étudiant, qu’elle obligera à reconstituer lui-même les formes écrites, indispensables à un véritable apprentissage du japonais.

Ce parti pris est d’autant plus incompréhensible qu’un moyen terme acceptable aurait été de transcrire les mots japonais en kana, comme cela se fait au Japon dans les ouvrages pour les enfants des petites classes, et pour l’enseignement de la langue aux étrangers. Les syllabaires hiragana et katakana sont suffisamment simples pour que quelqu’un qui s’intéresse à la langue au point d’en étudier la grammaire puisse les maîtriser en un temps relativement court.

Je comprends bien évidemment qu’il était assez indispensable de donner la translittération intégrale du japonais dans cette grammaire comme dans la méthode. Mais cela aurait abouti à un livre beaucoup plus volumineux et donc plus cher, et je soupçonne que la seule et vraie raison du choix fait soit cette considération économique.

Quoi qu’il en soit, je regrette qu’une splendide occasion de se distinguer dans l’excellence qui caractérise si souvent Assimil ait été ici manquée.
Peut-être une future réédition verra-t-elle au moins l’ajout d’une Partie 6 traitant de l’écriture et de ses principes, illustrée par de nombreux exemples pris dans les autres parties ?

Pour finir sur une note plus positive, je précise que je lirai cette Grammaire du japonais avec un grand intérêt. Après en avoir rapidement parcouru quelques passages, il me semble qu’il faut en recommander l’acquisition, même amputée de ses kana et kanji, à tous ceux qui s’intéressent à la langue japonaise.
Et j’espère aussi bien entendu que ce livre sera le premier d’une série nouvelle de grammaires venant compléter celles des méthodes, cahiers d’écritures et d’exercices, dictionnaires et guides de conversation.

Bonne fin de soirée,
Michel.

    Par Éditions Assimil le 21/02/17 à 9h49

    Bonjour, Grammaire du japonais n’a vraiment rien à voir avec l’introduction au thaï et ne peut être comparé à cet ouvrage. Vous pourrez débattre de ce choix d’abolir l’écriture avec l’auteure à la librairie japonaise junku prochainement, ou au salon du Livre. Croyez-bien qu’elle l’assume pleinement. Je lui transmets de toute façon votre message et elle vous répondra..

Par Chris K. le 21/02/17 à 3h10

Bonjour,

Moi aussi, en feuilletant le livre de grammaire du japonais de Catherine GARNIER, j’étais très surpris de ne voir aucun caractère japonais tout au long de l’ouvrage…

Mme GARNIER étant une spécialiste de la langue japonaise,
j’ai du mal à comprendre son choix d’occulter l’écriture, même si c’est un livre qui est exclusivement consacré à la syntaxe et à la morphologie du japonais.

日本語

Par Michel BELLON le 21/02/17 à 10h40

Bonjour,

Il ne s’agit en effet pas de comparer l’Introduction au thaï avec la Grammaire du japonais, mais bien de regretter que ces deux ouvrages présentent une langue en partie artificielle, puisqu’elle laisse dans l’ombre un de ses éléments essentiels.
Quand on étudie le japonais (le chinois, le hindi, le khmer…) on ne peut se passer de l’écriture, car une fois en contact avec la réalité du pays, on ne trouve aucun texte en romaji.
Pour tirer pleinement profit de cette grammaire, aussi remarquable soit-elle, il faut donc disposer de la « vraie version » des exemples japonais, et le travail de restitution est donc laissé ici à la charge des étudiants. Mais disons, pour voir les choses du bon côté, que ce sera un excellent exercice pour ceux qui auront le courage de s’y livrer ! 😀

Par ailleurs, j’ai bien compris que l’auteure assume son choix, mais j’aurais aimé qu’elle argumente dans l’introduction de l’ouvrage un « dessein » qui me laisse perplexe, car vivant loin de Paris, je ne pourrai pas, comme sans doute une majorité de participants à ce bloc-notes, faire le déplacement pour rencontrer Catherine Garnier.

Encore une fois, je me réjouis de la publication d’un ouvrage qui, pour autant que je puisse en juger à ce stade, et n’étant absolument pas un spécialiste du japonais, est suffisamment novateur pour attirer l’attention de tous ceux qui s’intéressent à cette langue. Mais à mon avis (et j’ai peine à l’exprimer, car j’ai une très haute opinion de l’ensemble du travail fait par Assimil et ses auteur-e-s depuis presque 90 ans), en ne disant rien du système d’écriture de la langue, cette Grammaire risque fort de ne pas avoir le retentissement qu’elle aurait mérité.

Bonne journée,
Michel.

    Par Éditions Assimil le 23/02/17 à 17h26

    Cher Monsieur Bellon

    Ecrire ou ne pas écrire en kana-kanji, telle est toujours la question qui se pose dès qu’on s’occupe de parler du japonais. C’est en effet la question qui s’est posée dès le début lorsqu’il a été question chez Assimil de faire la méthode « le Japonais sans peine ». Il était évident pour les auteurs que, dans l’apprentissage de la langue, on ne pouvait séparer la langue et son écriture. C’était pourtant à l’époque un terrible défi que seul Assimil avait le courage de relever. En effet il n’y avait pas alors les moyens d’aujourd’hui et c’était une prouesse technique. La composition a été faite : le japonais d’un côté (non sans mal) et le français d’un autre côté, les deux textes étant ensuite rassemblés ligne par ligne par collage (y compris les furigana/rubi au dessus ces kanji). Si je me permets de rappeler cette époque héroïque c’est pour vous dire combien nous étions attachées à ce principe, et, au passage, dire ma reconnaissance aux éditions Assimil qui ont eu l’audace de se lancer dans une telle aventure. Et d’ailleurs ce principe a été toujours appliqué dans les autres ouvrages, y compris le Guide de conversation qui s’adresse à des personnes qui ne maîtrisent pas l’écriture japonaise et sans doute même ne l’apprendront jamais, et vous le verrez dans le Cahier d’exercices à paraître prochainement, qui, tout en s’adressant à de purs débutants n’hésite pas à les plonger directement dans l’écriture en kanas. Assimil propose d’ailleurs, vous le savez bien, tous les éléments nécessaires pour la personne qui veut s’attaquer à l’écriture japonaise (la méthode elle-même, le livre de kanji qui l’accompagne et les deux cahiers d’écriture).

    Alors pourquoi ce choix pour la grammaire ?

    Je me permettrais de revenir sur une de vos phrases. Vous dites que « l’écriture est un élément indissociable de la langue ». Dans un sens « oui » puisque c’est le système qui s’est historiquement imposé pour la transcrire et que les locuteurs de cette langue y sont attachés (cf la difficulté de toucher à l’orthographe du français qui n’est pourtant qu’une construction relativement récente), dans un sens « non » car, tous les linguistes le savent, l’écriture n’est qu’un élément second, dont les langues se sont très longtemps passé (et l’immense majorité des langues aujourd’hui n’ont pas d’écriture). Toutes les langues ont existé bien avant qu’on ne les ait écrites. L’écriture est une convention. La preuve : certaines langues ont changé radicalement d’écriture sans que cela change quoi que ce soit à la langue elle même : passage de l’alphabet latin au cyrillique ou l’inverse, passage des caractères chinois à l’alphabet latin… Les Japonais eux-mêmes, conscients de la complexité de leur système d’écriture ont eu la tentation à la fin du 19e de passer à l’alphabet romain.

    Surtout : il ne faut pas mélanger les genres : une grammaire n’est pas une méthode de langue.
    Elle est évidemment un soutien pour la maitrise de la langue, mais en jouant son rôle spécifique. Elle est l’exposé du résultat d’une démarche intellectuelle visant à analyser les faits et la structure d’une langue, démarche dans laquelle l’écriture n’a strictement aucune pertinence. Ce qui importe c’est que lecteur comprenne les mécanismes analysés, les exemples ne sont là que pour l’y aider. Les donner en transcription aide à aller directement à ce qui est essentiel ici : comprendre un fait de cette langue. Personne ne se plaint que les entrées des dictionnaires japonais-une langue occidentale conçus en Europe ou aux Etats-Unis soient écrites en alphabet latin. Simplement parce qu’un dictionnaire n’est pas non plus une méthode de langue, il a un but précis : donner le sens des mots. Donc chacun a sa place et son rôle :
    – vous voulez apprendre une langue : c’est l’aspect global : les sons, les constructions, le sens des mots, et bien sûr la notation…Les méthodes sont là pour ça.
    – vous voulez chercher le sens d’un mot : le dictionnaire
    – vous voulez mieux comprendre son organisation : les grammaires
    Quand il s’agit d’exposer des réflexions sur la langue, vous pourrez constater d’ailleurs qu’il est d’usage depuis longtemps dans tous les ouvrages de linguistique, articles, livres, thèses pour des langues comme le japonais (le chinois et autres langues d’Asie) de raisonner à partir d’exemples en transcription. Ceci est vrai en Francs, mais aussi dans les autres pays européens ou aux Etats-Unis. De tels ouvrages (dans lesquels je place ma grammaire) s’adressent, en sus, à toute personne intéressée par cette langue, indépendamment de son intention de l’apprendre ou non. Je possède d’excellentes grammaires du gallois, du breton, du norvégien et du chinois (en transcription heureusement), bien que je n’aie jamais eu l’intention d’apprendre ces langues. Je suis seulement intéressée par leur organisation. La grammaire s’adresse aussi à ces personnes. Elle n’est pas faite seulement pour les japonologues mais aussi pour les linguistes intéressés. C’est une manière de sortir le japonais dans la cage dans laquelle l’ont enfermé ceux qui, pendant trop longtemps ont fait croire que c’était une langue difficile, tellement différente des autres, « inapprenable ». Mais le japonais est une langue comme les autres, ni plus facile, ni plus difficile. Ce qui s’est passé c’est qu’on a justement trop souvent confondu ce qui concerne la langue et ce qui concerne l’écriture, et que l’on doit absolument séparer. Que le système de notation du japonais soit diabolique, j’en conviens. La langue, elle, se montre au contraire d’une extraordinaire simplicité d’organisation. C’est ce que cette grammaire entend démontrer.

    Encore un point : mon expérience m’a montré que beaucoup de personnes qui souhaitent apprendre le japonais n’iront jamais jusqu’à la phase de maitrise de l’écriture, mais resteront à la pratique orale. C’est aussi (et peut être surtout) à eux que je souhaite m’adresser. Maitriser l’écriture du japonais pour être capable de le lire sans compulser sans cesse son dictionnaire de kanji, c’est ce à quoi arrivent à peine les étudiants de Master après 4 années de travail intensif… et des centaines (milliers…) d’heures d’exercices de kanji.

    Ma grammaire a pour seule ambition de soutenir le travail de tous ceux qui, à un degré ou un autre, veulent entrer dans la compréhension des mécanismes d’une langue qui est le japonais. Comme je l’ai déjà dit : dans ce cas l’écriture n’a aucune pertinence. Ecrire tous les exemples en kana-kanji ne servirait qu’à alourdir l’ouvrage, ne serait d’aucune utilité pédagogique et pourrait même rebuter certains, ce qui serait bien dommage.
    Catherine Garnier

Par Bruno le 21/02/17 à 11h00

J’avance lentement mais à pas assurés en japonais grâce à l’excellente méthode Sans Peine mise à jour en 2014. J’ai pris la difficile décision d’ignorer l’écriture au début et de m’initier au japonais parlé uniquement jusqu’à la fin de l’ouvrage et de « m’occuper » de l’écriture par la suite (comme les petits Japonais qui apprennent d’abord à parler avant de tracer les kana/kanji à l’école).

Dans cette optique, je suis absolument ravi de la grammaire de Catherine Garnier (reçue hier par la poste) qui explique tout en rōmaji, cela me permettra d’élucider certains points de grammaire pas toujours approfondis dans le Sans Peine.

Je comprends la tristesse et la déception de certains commentateurs ici de ne pas voir un seul kana/kanji dans cette grammaire, moi ça m’arrange ! Je dis donc un grand merci à Catherine Garnier (et sa co-auteure) pour l’excellente méthode Sans Peine, et maintenant pour cette magnifique grammaire que j’ai eu le plaisir de feuilleter hier pour la première fois.

Un seul bémol touchant au dictionnaire JaponaisFrançais d’Assimil qui lui aussi permet de consulter l’ouvrage en rōmaji : le dictionnaire en lui-même me plaît, mais la qualité d’impression est très mauvaise : il y a plusieurs pages où deux couches d’impression superposées sont décalées, ce qui rend les pages quasiment illisibles.

Par Bruno le 21/02/17 à 11h12

J’ajouterais juste ceci, en vœu pieux : si vous pouviez d’ores et déjà préparer le Perfectionnement Sans Peine du japonais, comme ça à l’horizon 2019 (eh oui, sont lents ces petits Suisses), au terme de la leçon 98 du Sans Peine, j’aurais 70 nouvelles leçons pour enchaîner directement et me faire plaisir jusqu’en 2023 ! D’autant plus que Catherine Garnier doit être au chômage technique ces jours-ci, ayant terminé la grammaire, ce serait l’occasion de lui fournir un nouveau CDD 🙂

Par Chris K. le 21/02/17 à 22h04

De manière générale, toutes les méthodes de langue « sans peine » publiées par ASSIMIL devraient à terme avoir leur ouvrage de perfectionnement.

Avec toutes les langues proposées par ASSIMIL, on devrait tous avoir la possibilité d’accéder au niveau C1 via ASSIMIL.

Pour cela, dans un premier temps, il faudrait faire un perfectionnement pour les langues dites « majeures », à savoir:

– Anglais U.S.
– Néerlandais
– Portugais (Portugal et Brésil)
– Polonais
– Hébreu
– Chinois mandarin
– Japonais

Les packs de « perfectionnement » pour toutes les autres langues viendraient par la suite au fil du temps.

Par Chris K. le 24/02/17 à 13h24

Bonjour,

Je viens de lire les explications de Mme GARNIER que je trouve très intéressantes.
Néanmoins une question me traverse l’esprit;
si les japonais étaient conscients de la complexité de leur système d’écriture à la fin du XIXème siècle,
pourquoi n’ont ils pas finalement adopté l’alphabet latin ?
Alors que d’autres langues asiatiques l’ont adopté comme le malais, l’indonésien, et surtout le vietnamien en 1651 par le jésuite
Alexandre de Rhodes.

Par Michel BELLON le 24/02/17 à 17h39

Bonjour Chris,

J’ai moi aussi pris connaissance du message de Catherine Garnier en début d’après-midi. Je ne suis malgré tout pas entièrement convaincu par ses arguments. Je suis en train de finir de lui écrire un nouveau message que j’enverrai un peu plus tard.

En ce qui concerne le vietnamien, je voulais juste préciser que si le système de notation de la langue au moyen de l’alphabet latin (chữ quốc ngữ) a bien été inventé au milieu du 17ème siècle, il n’a été véritablement en usage que 3 siècles plus tard. C’est en effet à partir de 1918 (donc encore à l’époque de l’occupation française) qu’il a été introduit dans l’enseignement, et il fallu attendre l’indépendance du pays (entre 1945 et 1954, en raison de la « guerre d’Indochine ») pour qu’il soit généralisé.

Bon après-midi,
Michel.

Par Michel BELLON le 24/02/17 à 20h28

Chère Catherine Garnier,

Je prends bonne note de votre réponse, et je vous remercie d’avoir pris la peine de nous expliquer le sens de votre démarche.
Je la comprends parfaitement maintenant, bien que je persiste à regretter que votre ouvrage soit privé de ce qui aurait constitué, de mon point de vue, la « dernière touche » pour en faire un événement de la japonologie et de l’édition linguistique françaises.

Il est certain que la représentation graphique d’une langue constitue un système qui vient se superposer à sa structure purement linguistique, et vous avez raison de rappeler qu’il est arrivé, assez souvent, que l’on passe de l’un à l’autre au gré de circonstances diverses (souvent politiques), comme cela a été le cas, pour ne citer que des exemples pris au XXème siècle, pour le vietnamien, le turc, le roumain de Moldavie, l’ouzbek, le berbère, l’inuktitut… D’ailleurs, il serait tout à fait possible de transcrire le français à l’aide des caractères chinois complétés, pour la notation des parties variables des mots inconnues en chinois, par un équivalent des kana japonais. Nous écririons alors « 私達 行ons au 庭 » au lieu de « Nous allons au jardin », ou « 私達 行ions / 行rons au 庭 » pour la même phrase à l’imparfait / au futur. Et bien entendu, nous continuerions à dire « jardin » là où nous écririons 庭, et nous prononcerions le caractère 行, selon les cas et les compléments graphiques qui l’accompagneraient, [al] dans 行er, 行ons, 行ez « aller, allons, allez », [ve, va, vɔ̃] dans 行s, 行t, 行nt « vais (ou vas), va, vont », [i] dans 行rai, 行ront, 行riez « irai, iront, iriez », etc., ce qui rappellerait beaucoup les différentes « lectures » des caractères en japonais.

Je suis également d’accord avec vous quand vous dites qu’une grammaire a une visée différente de celle d’une méthode : comme vous, j’ai des grammaires de très nombreuses langues que je ne parlerai jamais mais dont la structure m’intéresse. Toutefois, le système d’écriture du japonais, langue qui n’est plus uniquement orale depuis longtemps, a une signification particulière pour ses locuteurs et il est probable que seul le chinois puisse lui être comparé de ce point de vue, ce qui n’étonnera personne. Le statut et le prestige de la calligraphie dans ces deux langues ne seraient autrement pas aussi importants.

J’admets la plupart des arguments que vous donnez en faveur de la romanisation, dont je précisais d’ailleurs dans l’un de mes messages qu’elle me semblait indispensable. Ce que je regrette, c’est que le texte japonais n’ait pas été donné en plus. Je n’ai sans doute pas été assez clair sur ce point : oui, la présence des seuls kanji et kana aurait sûrement rendu votre ouvrage d’un abord trop difficile, mais leur absence totale donne en revanche à la matière de ce beau livre quelque chose « d’artificiel », et c’est bien dommage. Vous citez à l’appui de votre choix les dictionnaires dont les entrées japonais-langue occidentale sont romanisées. C’est vrai, mais l’écriture en kanji et kana est aussi presque toujours donnée à côté des rōmaji ! C’est le cas notamment dans le dictionnaire d’Assimil, ceux d’Oxford et de Webster, ceux publiés par Kōdansha (notamment ceux qui utilisent les furigana pour faciliter la recherche), les dictionnaires japonais-allemand, japonais-russe, etc. Et il en va exactement de même pour les principales grammaires. En français, à celle de Shimamori Reiko déjà citée, j’ajouterai « Neko no te » de Frédérique Barazer et les « Leçons de japonais » de Mori Arimasa, ouvrage plus ancien qui combine exposé théorique et enseignement pratique de la langue.

Mais cela dit, Assimil ne propose pas un apprentissage oral des langues, comme prétendent le faire certains éditeurs étrangers (assez vainement à mon avis, mais cela est un autre débat), à tel point que même la méthode de tamoul (hélas retirée du catalogue) qui était explicitement dédiée à la « langue parlée » donnait tous les textes dans la véritable écriture de la langue, et que le cas de l’Introduction au thaï restait l’exception confirmant la règle « d’authenticité » qu’applique l’éditeur.
J’aurais donc finalement mieux compris (mais tout autant déploré 😀 ) la logique du choix que vous avez fait pour la Grammaire si la méthode Sans peine et les autres publications consacrées au japonais avaient été en rōmaji.

En conclusion, je voudrais tout de même préciser que la préoccupation pédagogique qui fonde votre démarche me paraît tout à fait louable. Je voudrais surtout insister sur le fait que, malgré mes regrets au sujet de l’écriture, je trouve votre livre remarquable. C’est la raison pour laquelle je vous adresse, ainsi qu’à Assimil, de chaleureux remerciements pour cette entreprise.
Il nous reste à souhaiter maintenant qu’un « Perfectionnement japonais » vienne bientôt compléter le matériel disponible pour l’étude de cette langue passionnante !

Cordialement,
Michel.

Par Chris K. le 26/02/17 à 1h38

En parlant du japonais, les origines de cette langue restent toujours un mystère.
Il en est de même pour le coréen.

Faute de documents écrits très anciens, le japonais reste encore un isolat linguistique (on parle parfois de langues « japoniques »).

Pourquoi cette ressemblance étrange avec les structures du coréen, alors que coréen et japonais sont deux langues qui ne sont pas intercompréhensibles.

Certains linguistes relient le caractère agglutinant du japonais et du coréen aux langues Altaïques/langues turques, alors que d’autres linguistes semblent lier les origines du japonais aux langues polynésiennes du Pacifique…

Bref, les origines précises du japonais, du coréen, voire du mongol ne sont toujours pas clairement élucidées.

Par Michel BELLON le 26/02/17 à 20h25

Bonjour Chris,

Comme d’habitude, ton message soulève d’intéressantes questions. 🙂

Ce qu’on appelle « langues japoniques » ou « langues japonaises » est l’ensemble constitué par les différents dialectes du japonais à proprement parler plus les langues de l’archipel des Ryūkyū (elles-mêmes comportant des dialectes), dont les deux plus importantes sont celles de Miyako (宮古口 [ミャークフツ], [miyākufutsu]) et surtout d’Okinawa, l’ « okinawaïen » (沖縄口 [ウチナーグチ], [uchināguchi]), auquel L’Harmattan a récemment consacré un volume dans sa série « Parlons » que nous connaissons bien.

La question de l’origine des langues donne lieu depuis des siècles (et en particulier depuis le XIXème et l’apparition d’une véritable approche scientifique dans ce domaine) à des discussions sans fin. Rares sont les cas qui suscitent l’unanimité comme l’indo-européen.
Il serait hasardeux (surtout pour moi ! 😀 ) de m’aventurer sur la voie des théories concernant le japonais (le basque lui a même été comparé), mais il me semble que dans l’état actuel des choses les spécialistes se partagent entre trois hypothèses principales :
– langue isolée*** ;
– parenté avec le coréen, langue qui elle-même n’est pas clairement rattachée à une famille, mais qu’on considère souvent comme une langue altaïque ;
– lointaine origine austronésienne, avec influence des langues altaïques***.

*** Le japonais a subi une forte influence du chinois, ce qui en ferait une « langue hybride », un peu comme l’anglais qui occupe une position intermédiaire entre les langues germaniques et romanes. Toutefois, cette influence du chinois sur le japonais se limite au vocabulaire, ainsi évidemment qu’à l’écriture, qui fait l’objet de beaucoup de nos discussions du moment, et ne touche qu’extrêmement peu à la structure de la langue (alors que l’anglo-normand a fait diverger assez considérablement le vieil anglais des autres langues germaniques). À l’inverse, l’influence supposée des langues altaïques se serait exercée beaucoup plus en profondeur.

Notons au passage que l’archipel japonais abrite une seconde langue aux origines tout aussi énigmatiques, l’aïnou (アイヌ イタク), que certains traits rapprochent des langues paléo-sibériennes. Cette langue est hélas en très grand danger d’extinction, malgré les efforts faits au cours des deux dernières décennies pour la revitaliser.

En ce qui concerne les rapports entre japonais et coréen, le fait que deux langues se ressemblent ou même qu’elles aient des origines et structures communes n’entraîne pas forcément qu’elles soient intercompréhensibles. Le français et le russe sont deux langues assez proches et qui ont beaucoup de ressemblances, mais un francophone et un russophone ne peuvent se comprendre sans avoir étudié la langue de leur interlocuteur.
Tout dépend aussi de ce qu’on entend par « intercompréhension ». Pour un francophone n’ayant aucune notion du castillan, du catalan ou de l’italien par exemple, il est très difficile, voire impossible, de suivre une conversation dans ces langues, pourtant réputées « très proches » de la nôtre, et d’en saisir plus que quelques mots isolés qui permettront de deviner vaguement (et parfois en se trompant) de quoi il est question. À l’écrit pourtant, ou si les locuteurs font un effort particulier, on peut parvenir à comprendre suffisamment de choses pour que l’information passe.

Pour en revenir aux ressemblances entre langues, nous savons qu’elles sont souvent dues à des emprunts, ce qui appelle encore quelques remarques.
Nous avons vu que ceux qui concernent le vocabulaire sont les moins significatifs, car ils n’affectent pas les éléments plus fondamentaux de la langue que sont la « grammaire » et la « phonétique » (pour utiliser des termes communs, bien qu’un peu imprécis). Les mots, en nombre quasi-illimité, voyagent énormément et s’enracinent plus ou moins profondément dans les langues les plus diverses au gré de leurs pérégrinations. Ainsi, « paquebot » et « shopping » sont deux exemples de l’adaptation d’un mot anglais à la prononciation du français : assimilation complète dans le premier cas, maintien d’une forme assez proche de l’original dans le second. Cela dit, on a beau utiliser en français « relooker » et « week-end », ces mots n’en sont pas moins parfaitement adaptés au système de notre langue, car le premier pourra se conjuguer à tous les temps, les modes et les personnes qui n’existent pas en anglais, et le second (outre son orthographe qui n’est pas celle d’origine) se prononcera au pluriel « week-ends » comme au singulier, suivant ainsi la règle générale en français.
Cependant, des emprunts comme « shopping », « parking » et les nombreux mots anglais terminés par -ing ont déjà un effet plus profond sur notre langue : ils ont introduit dans son système phonétique une nouvelle unité [ŋ] qui n’en faisait pas partie. De plus, sur le plan lexical, le suffixe -ing tend à devenir productif et on le trouve dans des termes purement « français » : zapping, relooking, reporting (formé sur le verbe « reporter »)…
D’une tout autre nature est l’influence de l’anglo-normand sur le vieil anglais évoquée ci-dessus, qui a abouti à des transformations importantes à la fois dans la syntaxe (structure des propositions) et dans la morphologie (formation du pluriel).

On peut aussi mentionner ici les cas de convergences entre langues qui ont longtemps partagé un espace géographique commun et qui peuvent ou non être apparentées. On en a un exemple en Europe avec l’aire balkanique où l’on observe plusieurs manifestations de ce phénomène, telles que :
– en roumain, bulgare, macédonien, albanais (et grec dans une moindre mesure), l’identité des constructions attributives (« datif ») et possessives (« génitif »), qu’elles soient exprimées par des cas ou par des prépositions ;
– en roumain, bulgare, macédonien, albanais, grec et serbe, la formation du futur au moyen d’un auxiliaire (ou d’une forme figée de ce dernier) ayant le sens de « vouloir » (comme dans les langues germaniques) ;
– en roumain, bulgare, macédonien et albanais, le développement d’un article défini postposé, etc.

Pour finir sur une note purement japonaise 😉 , comme on le voit, 一事が万事, d’une chose, on passe à dix mille ! 😛

Bonne soirée,
Michel.

Par david w. le 26/03/17 à 16h27

Débat stérile

un enfant japonais de 6-7 ans ne connaît pratiquement aucun kanji possède peu de vocabulaire et pourtant maitrise mieux la langue que tous les intervenants, ici!
il faut 10ans à un élève pour comprendre un journal… chaque chose en son temps…

Par Michel BELLON le 28/03/17 à 2h37

Bonsoir David,

Ta remarque serait valable si l’acquisition de la langue maternelle (le japonais dans le cas présent) se déroulait exactement de la même façon que celle d’une langue seconde, troisième, etc.
Or, les deux processus n’ont que très peu en commun, comme cela a été évoqué au début de l’année dans la discussion qui suit l’article « Latin : retour vers le futur » du 28/9/2015.

Contentons-nous de rappeler ici que les caractéristiques de la langue maternelle, phonétiques/phonologiques, sémantiques et syntaxiques, « façonnent » un cerveau enfantin vide de tout schéma linguistique préalable. Une fois qu’elles se sont fixées, il n’est plus possible d’assimiler un nouveau système sans que la langue première interfère.
Seuls les enfants élevés en milieu bi- ou plurilingue ont la possibilité d’acquérir plus d’un système à la fois. Et encore, les cas de complète égalité entre deux ou plusieurs langues de départ sont-ils assez rares, puisqu’il faudrait pour cela que l’enfant soit placé exactement dans les mêmes situations dans les différentes langues. Mais il n’est pas fréquent qu’il suive par exemple deux (ou plusieurs) cursus scolaires simultanément. Le plus souvent il ne pratique à l’école qu’une seule langue, dans laquelle il interagit dans la vie quotidienne, et l’autre langue, qui est véritablement sa langue « maternelle », est plus limitée au milieu familial.
Pour un adulte, l’apprentissage d’une langue nouvelle ne se fait qu’exceptionnellement en immersion totale et jamais sans un recours plus ou moins important (et parfois inconscient) à la langue maternelle : on compare, on analyse les différences et les similitudes, on traduit… Et quand la langue dispose d’un système d’écriture, ce qui est le cas de la presque totalité des langues enseignées, tout ça passe en priorité par les textes.

La grammaire du japonais qu’Assimil publie ne s’adresse certainement pas à des débutants, et encore moins à des enfants. Elle n’est pas non plus conçue pour être abordée par le biais de l’oral. Partant de là, il est regrettable que cet ouvrage, par ailleurs remarquable, occulte l’image réelle de la langue écrite telle qu’elle est pratiquée au quotidien dans le pays où elle est aussi parlée.

Bonne soirée,
Michel.

Par Cecile le 29/03/17 à 17h02

Du romaji partout! C’est bien dommage je prefere donc ne pas acheter cette methode…

    Par Éditions Assimil le 30/03/17 à 16h23

    Bonjour, il ne s’agit pas d’une méthode mais d’un livre de référence qui fera incontestablement date.

Par Une personne ravie le 19/04/17 à 9h36

Bonjour,

Ayant quelques années de Japonais à mon compteur, dès que j’ai vu ce livre en rayon je me suis dis : « Super ! un bouquin uniquement de grammaire et qui a l’air bien complet ! ».

En l’ouvrant, j’ai été déçu (comme d’autres personnes qui ont pu commenter) par le fait de n’y voir que du Romaji. Ca fait bizarre en ayant l’habitude de lire des textes en Japonais directement et ça m’a refoulé d’office.

Curieux de voir l’avis des gens, je me suis renseigné sur Internet et je suis tombé sur cette page. Les commentaires, tous aussi constructifs qu’ils étaient, m’ont donné envie de regarder un peu plus en détails le contenu sans prendre en compte qu’il n’y a aucun Kana/Kanji.

Et là, je me suis rendu compte que finalement, vis-à-vis du riche contenu que propose ce livre, je me suis laissé tenté et je l’ai acheté. En lisant les quelques exemples en Romaji, instinctivement mon cerveau les transformais en Kanas, ce qui au final l’aspect rebutant s’est estompé et malgré mes 6-7 années de Japonais en autodidacte, j’en apprends encore plein grâce à ce livre.

Malgré tout, je pense que c’est un must-have qui, une fois tout son contenu ASSIMILé, le Japonais vous paraîtra instinctif (à condition tout de même de connaître déjà ses Kanas et un nombre suffisant de Kanjis).

En tout cas, un grand merci à Madame GARNIER pour son travail, qui en fera progresser plus d’un dont moi le premier. Il a donc rejoins ma fidèle collection de livres d’apprentissages de Langues Asiatiques (le Coréen et le Chinois, quand on aime on ne compte pas !).

    Par Éditions Assimil le 19/04/17 à 9h49

    Merci !

Par Yann V le 19/04/17 à 23h33

Merci en effet à Catherine Garnier (dont j’ai eu la chance de suivre l’enseignement il y a bien longtemps déjà, quand les cours étaient encore à Dauphine…) d’avoir expliqué sa démarche pour la grammaire de japonais. Cet ouvrage comble indéniablement un vide (au moins en français).
La question se pose différemment pour l’ouvrage (datant de 1990!) pour le thaï qui, même s’il est intitulé « introduction », est une méthode de langue. Il est difficile de comprendre pourquoi le thaï, parlé par près de 70 millions de locuteurs, qui n’a pas de système de transcription standard (et s’écrit donc dans son propre alphabet), ne bénéficie toujours pas d’une réelle méthode de langue chez Assimil. L’excellent ouvrage pour le khmer a pourtant démontré qu’une méthode incluant l’apprentissage de l’écriture (dans un système d’écriture similaire au thaï) était possible. Mais ce point a été largement débattu ici.
Je pense également que des titres de perfectionnement en japonais et chinois auraient leur place dans le catalogue Assimil, comme en 1989 les excellents « Pour mieux connaître » le japonais (C Garnier et Mori T) et le chinois (Dong T et P Kantor), ainsi que l’arabe (JJ Schmidt), moins réussi.
J’en profite pour saluer ici les deux excellentes méthode de cantonais et de mandarin. La méthode de C Wong est une véritable réussite, autant pour le niveau de langue choisi (plus complexe à définir pour une langue n’ayant pas de statut officiel) que le choix de vocabulaire ou l’utilisation des caractères (selon la norme hongkongaise). Quelques détails (p ex « fei », note 3 leçon 88, vient a priori de « fare », le cantonais/yue a beaucoup moins de locuteurs que le wu ou le min) n’occultent en rien l’excellente réussite de cette méthode inédite en français.
Excellente réussite également pour H Arthus et M Mercier : leur méthode est très complète avec un vocabulaire riche, varié et moderne. Prendre la suite de la mythique méthode de P Kantor était un défi qui a été relevé, selon moi, haut la main.
Enfin, un grand merci à Assimil de prendre le risque de publier des méthodes en langues « minoritaires ». Les titres en yiddish, occitan ou cantonais sont parmi les meilleurs du catalogue.

    Par Éditions Assimil le 20/04/17 à 8h50

    Merci pour vos remarques et vos compliments. Nous transmettons aux auteurs.

Par Claude Laporte le 20/04/17 à 13h13

Je suis heureux de voir que je ne suis pas le seul à réclamer une méthode de thaï qui enseignerait aussi l’écriture…

Et pour le reste, j’ai en effet particulièrement apprécié les méthodes d’ukrainien, de yiddish et d’occitan, très gros effort éditorial pour des langues très minoritaires (yiddish et occitan) et pour une langue ukrainienne pratiquement absente du paysage francophone malgré ses 40 millions de locuteurs (même au Canada, les Ukrainiens sont dans les provinces de la Prairie et pas au Québec!).

Ah, si nous pouvions avoir une méthode de thaï plus complète…

Par Michel BELLON le 20/04/17 à 16h02

Bonjour Yann, Claude et tout le monde,

Rejoice, rejoice ! 😀
Si j’en crois ce que je vois sur les sites de certaines librairies, la parution du Thaï est imminente…
Assimil n’a encore rien dit à ce sujet, mais espérons que la langue sera présentée sous son véritable aspect cette fois !

Bonne fin de journée,
Michel.

Par Chris K. le 21/04/17 à 1h52

@Yann V:

Elle arrive bientôt la nouvelle méthode complète de thaï !
Elle est déjà annoncée sur plusieurs sites.
Patience…

Par Chris K. le 21/04/17 à 2h14

Au risque de me répéter, la méthode « sans peine » de hindi parue en 1994 doit impérativement être remise à jour ou entièrement refaite.
Le hindi est une des langues les plus parlées au monde.

Même chose pour le vietnamien (1994), cette méthode est beaucoup trop ancienne.

Par ailleurs, parmi les japonisants; qui connaît le livre:

« Grammaire japonaise fondamentale (de la théorie à la pratique) » de Reïko Shimamori aux éditions Maisonneuve (2015) ?

Est-il accessible pour un débutant en complément de la méthode ASSIMIL de japonais et de la grammaire du japonais de Catherine GARNIER ?

Par Claude Laporte le 21/04/17 à 11h42

En tout cas aucune annonce sur le site d’Amazon.

En tout cas, si Assimil pouvait nous faire une méthode de thaï avec l’apprentissage de l’écriture… non pas que la méthode actuelle soit mauvaise au point de vue de la langue et de sa structure, mais comme le thaï est une langue qui n’a pas de système officiel de translittération en alphabet latin, il me paraît impossible d’apprendre la langue sans son écriture.

Par Chris K. le 21/04/17 à 18h18

La nouvelle méthode de thaï qui normalement devrait paraître en juin 2017 sera très certainement calquée sur la méthode de Khmer, à savoir apprentissage de la langue parlée et de l’écriture.
Je n’ai aucune inquiétude là dessus.

La parution du superpack-usb de thaï est déjà annoncée sur plusieurs sites, même s’il n’est pas encore annoncé sur Amazon.

Ça arrive, ça arrive… Patience.

Par Fabian le 22/04/17 à 0h03

La date de parution est annoncée sur le site de FNAC: 11/05/2017.

Par Michel BELLON le 22/04/17 à 1h11

Bonsoir Chris,

J’ai mentionné dans ma première contribution du 21/2 ci-dessus la Grammaire japonaise systématique de Shimamori Reiko, plus ancienne que celle dont tu parles.
Il me semble que tu as l’habitude et la passion de l’apprentissage des langues et que tu pourrais donc tirer profit de cet ouvrage, le plus complet publié à ce jour en français.
Bien qu’assez technique sur certains points, ce n’est pas une thèse universitaire réservée à des spécialistes. Il combine un exposé assez classique du japonais, qui reste pertinent dans bien des cas, avec une approche plus innovante sur certains points. C’est de mon point de vue une somme hautement recommandable, et en tout cas un ouvrage indispensable pour tous ceux qui souhaitent approfondir la connaissance de la langue japonaise.

Je n’ai en revanche pas utilisé la Grammaire fondamentale de la même auteure, mais je sais qu’elle est assez différente, en particulier par sa visée pratique. Apparemment, les exercices d’applications sont nombreux, et au vu le nombre de pages (moins de la moitié de celles de la Grammaire systématique), il est permis de penser que l’analyse de la langue ne doit pas y être aussi complète. Cette publication constitue peut-être en quelque sorte le troisième volume de la Grammaire de l’auteure. En tout cas, en me basant sur les qualités de la Grammaire systématique, j’aurais tendance à dire que tu ne cours aucun risque à te le procurer. Cependant, ce livre est très cher, et c’est pourquoi il est sans doute préférable que tu l’examines en librairie, ainsi d’ailleurs que les deux volumes de la Grammaire systématique, afin de voir s’il est adapté à tes objectifs et que tu décides du meilleur investissement à faire.

Dernier point : l’utilisation de l’écriture japonaise, doublée par la transcription en rōmaji, donne à mon sens aux grammaires de Shimamori Reiko un avantage indéniable sur celle de Catherine Garnier, qu’il faut malgré tout aussi avoir pour son originalité.

Bonne fin de soirée,
Michel.

Par Chris K. le 22/04/17 à 3h08

Bonsoir Michel,

Merci pour ces précisions.
Le livre de Reïko Shimamori (neuf) coûte 42 € , ce n’est pas donné, ce n’est pas excessif non plus.
Je l’ai déjà examiné en librairie, il me paraît relativement touffu pour un complet débutant.
Je vais quand même me le procurer, ainsi que le livre de Mme GARNIER.

Concernant le tchèque que j’apprends avec la méthode ASSIMIL et d’autres méthodes anglophones et germanophones; je me suis procuré sans l’examiner le livre en français de C.KASTLER
« La langue tchèque – Grammaire pratique et raisonnée » (éditions Ophrys – année 2000);
Ce livre est horriblement ardu et s’adresse exclusivement aux grammairiens et aux linguistes avertis.
J’aurais du l’examiner avant…Sans compter que le tchèque est la plus complexe des langue slaves.

Par Michel BELLON le 22/04/17 à 22h30

Bonsoir Chris,

Oui, la grammaire fondamentale de Shimamori n’est pas extrêmement chère prise isolément, mais j’avoue que je pensais en fait à l’ensemble des trois volumes. Donc si tu as la possibilité de la consulter et qu’elle correspond à tes objectifs, ce serait pour toi une bonne acquisition.

Pour le tchèque, la grammaire de Kastler ne m’apparaît pas inaccessible. Il ne s’agit pas d’un manuel d’apprentissage comme le Tchèque d’Assimil ou d’autres que nous avons évoqués, mais il donne de la langue une bonne vue d’ensemble, assez complète et solide. Les notions auxquelles il fait appel sont de niveau 1ère ou 2ème année de fac ou Langues O’. En tout cas, elles n’ont rien de bien extraordinaire par rapport à l’enseignement de la grammaire qui est dispensé dans les sections de langues slaves, et je suis absolument certain que si tu décidais de te pencher sur ce livre (surtout en tant qu’ouvrage de référence), tu les comprendrais vite et sans grandes difficultés.

Si on devait maintenant désigner la plus complexe des langues slaves, je ne serais pas aussi catégorique que toi. Le polonais a une morphologie tout aussi foisonnante que celle du tchèque, mais il pose en plus à beaucoup d’étudiants de nombreux problèmes de prononciation face auxquels la phonétique du tchèque est presque un jeu d’enfant ! 😉

J’ai constaté aussi auprès d’apprenants de différentes langues maternelles que le biélorusse n’arrive pas loin derrière sur l’échelle de la difficulté, et ce, paradoxalement, en raison de ce qui devrait être a priori une « simplification », à savoir la notation dans l’orthographe des réductions vocaliques. Cette langue prend donc le parti inverse du russe, qui écrit les voyelles sans modifications (si on ne tient pas compte du cas particulier de l’alternance ë/e) alors qu’elles peuvent avoir jusqu’à 3 ou 4 prononciations différentes au gré des « promenades » de l’accent tonique entre le radical et la désinence du mot. Comme ils ont souvent appris d’abord le russe, les étudiants de biélorusse semblent rencontrer pas mal de difficultés face aux alternances de voyelles dans cette langue, alors qu’en russe rien ne bouge tant qu’on s’en tient à l’écrit.

Notons que l’ukrainien, qui ne connaît pas la réduction vocalique, a toutefois lui aussi un système accentuel difficile, et souvent inverse de celui du russe, ce qui suscite beaucoup de confusions quand on étudie les deux langues.

Et pour finir, si on considère qu’il n’y a qu’un seul groupe balto-slave (nous avons récemment discuté ce point, et personnellement je pencherais plutôt pour un groupe balte séparé du slave), alors le lituanien bat toutes les autres langues, notamment en raison de son système accentuel, là encore, qui combiné accent tonique libre et mobile, accent mélodique et quantité vocalique.

Bonne soirée,
Michel.

Par Chris K. le 22/04/17 à 23h55

Bonsoir Michel,

A terme j’achèterai les 3 volumes de Shimamori.
Ils me paraîssent être de très bons ouvrages.

Quand au livre de Kastler pour le tchèque, je le trouve assez arride et rebutant dans sa présentation.
Je préfère le livre de Naughton qui est plus pédagogique.

Concernant la difficulté des langues slaves, la grammaire du polonais est effectivement très rude à maîtriser, mais je ne trouve pas la phonétique si difficile que ça une fois que l’on s’habitue aux groupes de consonnes, aux voyelles nasales ą et ę, et aux chuintantes ć / ś / ź / ż.
Quand à la lettre ł c’est juste comme le w anglais, rien de plus…
L’accent tonique est constant sur l’avant dernière syllabe ce qui donne au polonais une intonation très plate et monotone (ce n’est pas une langue aux sonorités éclatantes comme le russe !)

En tchèque, je trouve que maîtriser les voyelles courtes et longues mêlées à la lettre ř n’est pas si simple (même si l’accent tonique est quasiment toujours constant sur la 1ère syllabe).
La langue sœur du tchèque, le slovaque, a une syntaxe relativement plus simple. La phonétique du slovaque a une difficulté équivalente à celle du tchèque (hormis le diphtongue ô et les lettres dures ŕ et ĺ qui n’existent pas en tchèque).

Enfin, pour les slavistes, l’étude du bulgare et du macédonien peut être assez déroutante de par l’absence de déclinaisons et la présence d’articles définis postposés.
Le bulgare n’est pas une langue facile: les pluriels sont compliqués et l’accent tonique est imprévisible comme en russe et en ukrainien.

Par Michel BELLON le 23/04/17 à 3h25

Rebonsoir Chris,

Oui, je me souviens que tu avais déjà mentionné une fois la difficulté que tu as avec la quantité vocalique en tchèque (ou slovaque), ce qui m’avait semblé assez étonnant, vu ton expérience, d’autant plus que ce phénomène est très commun dans de nombreuses langues, à commencer par l’anglais et l’allemand.
De plus, les voyelles longues tchèques sont plutôt, dans la langue contemporaine, des « surlongues », comme celles du 3ème degré de quantité en estonien, voire même plus. Donc, il est possible de faciliter la distinction brèves / longues en « exagérant » la longueur de ces dernières sans forcément heurter les oreilles d’un interlocuteur tchécophone.

En comparaison, la prononciation du polonais est quand même plus difficile, en raison à la fois de l’articulation particulière de certains sons, et aussi des groupes de consonnes assez nombreux qui contiennent plusieurs de ces sons particuliers. Par exemple, la plupart des francophones rencontrent beaucoup de problèmes et mettent longtemps à distinguer cz de ć (ci), dż de dź (dzi), ou sz de ś (si).
À ce sujet, pour faire une fois de plus une digression, je continue à penser que les descriptions phonétiques qui sont faites dans beaucoup de méthodes de polonais sont peu judicieuses et pédagogiquement contre-productives. On lit trop souvent des choses du style : cz se prononce comme tch de tchèque et ć est un tch « plus doux », dż se prononce comme dj de djinn et dź est un dj « plus doux »… Pourtant, le rapprochement entre les sons qui sont réellement apparentés étymologiquement (dans mon exemple, ć avec t, et dź avec d) est facile à faire et ne suppose aucune explication bien compliqué (on se demande vraiment parfois si les auteurs ne prennent pas leurs lecteurs pour des gens incultes), et il présente en plus l’avantage de rendre compte d’alternances comme celles qu’il y a dans kwieCIeń / kwieTnia, ou dans gruDZIeń / gruDnia. Malheureusement, le Polonais d’Assimil n’a pas échappé à ce défaut.

Pour le slovaque, n’oublie pas la loi de limitation qui empêche en principe la présence de deux voyelles longues successives, ce qui provoque un certain nombre d’alternances inconnues en tchèque et ajoute un peu à la difficulté de cette langue par rapport à sa « sœur ».
Et le slovaque a effectivement une phonétique un peu plus « riche » que le tchèque. Outre les sons que tu as signalés (ô, ŕ, ĺ), on peut ajouter la voyelle ä et la consonne ľ. Ces cinq sons n’existent pas en tchèque standard. En revanche, le slovaque ne connaît pas la consonne ř du tchèque.

Il est amusant en effet de voir que l’absence de déclinaisons en bulgare et macédonien complique l’étude de ceux qui sont habitués aux autres langues slaves. Pour citer une expérience personnelle, j’ai eu pendant quelque temps tendance en parlant à rajouter des terminaisons casuelles aux mots bulgares et macédonien quand j’ai débuté l’étude de ces langues, alors que j’avais déjà une bonne habitude du russe et du polonais. De la même façon, certaines formes du tchèque, que j’ai étudié après 4 années de russe et 2 de polonais, m’ont semblé difficiles, mais un ami qui a étudié en premier lieu le tchèque, et plus tard seulement le russe, trouve, comme il fallait s’y attendre, cette dernière langue plus difficile, alors qu’objectivement le russe a une morphologie moins abondante que le tchèque.

Je suis d’accord avec toi quand tu dis que le bulgare (mais aussi le macédonien) est une langue qui n’est pas facile, en dépit de certaines apparences. Mais je ne vois pas la principale difficulté dans la formation du pluriel, qui obéit à des règles assez précises. Il n’y a aucun écueil non plus, à mon sens, dans l’emploi des formes de l’article masculin singulier -ът/-ят face à -а/-я (qui d’ailleurs se prononcent de façon identique dans la langue parlée, qui plus est), alors que curieusement les bulgarophones sont nombreux à en faire une montagne et à penser qu’il s’agit d’une difficulté majeure de leur langue. Et enfin la prononciation n’est pas très compliquée, malgré le phénomène de réduction vocalique et la mobilité de l’accent (relative, et plus circonscrite qu’en russe ou ukrainien), car pris isolément aucun des sons ne nécessite un apprentissage particulier pour un francophone qui connaît la fameuse « jota espagnole » ou le non moins célèbre « ch allemand de Bach ». 😀
En revanche, la grande difficulté du bulgare réside dans son système verbal : comme dans les autres langues slaves méridionales, le système aspectuel y fonctionne selon des principes en partie différents de ceux des langues slaves orientales et occidentales, et il se combine avec le système temporel d’une façon relativement complexe. Les temps du verbe bulgares sont presque aussi nombreux qu’en français. Par ailleurs, le mode narratif constitue une particularité au sein des langues slaves, et outre son emploi, sa morphologie n’est pas toujours très simple.

Bonne fin de soirée,
Michel.

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